Bruxelles relance officiellement son partenariat diplomatique avec Damas
L’Union européenne accélère son rapprochement avec la Syrie. Les ministres européens des Affaires étrangères ont rencontré, lundi à Bruxelles, leur homologue syrien. Une nouvelle étape diplomatique est franchie.
Les ministres européens des Affaires étrangères, réunis lundi à Bruxelles, ont tenu à l’issue de leurs travaux un dialogue politique inédit avec le chef de la diplomatie syrienne, Assad al-Chaibani. Cette rencontre constitue une avancée majeure dans les relations entre Bruxelles et Damas, l’UE poursuivant sa stratégie de normalisation progressive avec la Syrie. Depuis 2025, plusieurs sanctions européennes ont été partiellement suspendues, principalement dans les domaines des transports, de l’énergie et du secteur financier syrien. En échange, l’Union européenne exige des avancées politiques concrètes : une transition inclusive, la protection des minorités et une coopération antiterroriste renforcée.
L’Union européenne rétablit son accord de coopération avec la Syrie
Le Conseil européen a annoncé la reprise complète de l’accord de coopération avec Damas, mettant fin à une suspension partielle appliquée pendant plusieurs années. Selon Bruxelles, cette mesure doit renforcer les relations bilatérales et soutenir la reconstruction économique syrienne. L’UE veut également encourager la réconciliation nationale après des années de guerre. Elle prévoit un soutien financier dépassant 600 millions d’euros pour la période 2026-2027, destiné aux infrastructures, aux services publics et aux projets humanitaires. L’Union européenne souhaite aussi rouvrir progressivement son marché aux produits syriens.
Une normalisation diplomatique désormais assumée
Depuis plusieurs mois, les échanges politiques se multiplient. En janvier dernier, António Costa et Ursula von der Leyen se sont rendus dans la capitale syrienne, une visite qui a marqué un tournant. En avril, le président syrien Ahmed al-Charaa a participé au sommet européen de Nicosie.
Bruxelles prépare désormais un nouvel accord politique et économique avec Damas, visant à établir un cadre durable de coopération régionale. Les Européens insistent toutefois sur plusieurs conditions sécuritaires et politiques : ils réclament toujours la destruction des armes chimiques syriennes, ainsi que des garanties contre une résurgence des groupes terroristes dans la région.
Aristide HAZOUME
