Comores : La grève générale asphyxie Moroni

 Comores : La grève générale asphyxie Moroni

À Moroni, la grève illimitée des chauffeurs et des commerçants paralyse l’économie. Transports à l’arrêt, écoles désertées et pénurie d’eau aggravent les difficultés quotidiennes des habitants.

La capitale des Comores vit au rythme d’une mobilisation sociale majeure. Depuis dimanche 10 mai, chauffeurs et commerçants observent une grève illimitée pour protester contre la hausse des prix du carburant. Lundi 11 mai, Moroni affichait un visage inhabituellement silencieux. Les taxis et les bus ont disparu des principales artères de la ville, et de nombreux magasins ainsi que boutiques sont restés portes closes. Désormais, les habitants doivent parcourir plusieurs kilomètres à pied chaque jour. Certaines familles réduisent leurs déplacements pour économiser le précieux carburant encore disponible. Le syndicat des chauffeurs maintient la pression sur les autorités comoriennes, réclamant une baisse immédiate des tarifs à la pompe.

Une capitale fortement ralentie par la mobilisation sociale

La grève perturbe également les activités scolaires. Dans plusieurs quartiers, les écoles ont enregistré une très faible présence d’élèves lundi. Un établissement a même suspendu les cours faute d’effectifs suffisants, tandis que d’autres directions recommandent aux familles de garder leurs enfants à la maison. Au marché de Volovolo, cœur commercial de Moroni, l’activité tourne au ralenti. Quelques vendeurs tentent de poursuivre leurs activités, mais la fréquentation a chuté. Les commerçants dénoncent une baisse importante des ventes ; plusieurs affirment n’avoir réalisé aucune recette depuis le début du mouvement. Les habitants redoutent désormais une aggravation durable de la crise économique, alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter dans les secteurs essentiels.

La pénurie d’eau accentue les tensions quotidiennes

La crise touche aussi l’approvisionnement en eau de la capitale. Lundi, les distributeurs d’eau se sont joints au mouvement de grève. Dans certains quartiers, le prix du bidon d’eau a doublé en l’espace de quelques heures : un bidon de vingt litres atteint désormais 400 francs comoriens.

De nombreuses familles dépendaient des bus qui assuraient la distribution quotidienne d’eau. La suspension des transports complique encore davantage cet approvisionnement déjà fragile. Les habitants dénoncent des infrastructures insuffisantes et un accès irrégulier à l’eau potable. La situation devient préoccupante dans plusieurs zones du centre-ville. Pour l’heure, aucune issue n’a été officiellement annoncée. Les discussions entre syndicats et gouvernement se font toujours attendre.

Aristide HAZOUME 

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