Procès Morales : La Bolivie attend l’ancien président retranché
Le procès d’Evo Morales s’ouvre ce 11 mai en Bolivie. L’ancien président est poursuivi pour « traite d’êtres humains aggravée ». Retranché dans son bastion du Chaparé, il ne participera pas à l’audience.
La justice bolivienne ouvre, lundi 11 mai, le procès d’Evo Morales à Tarija. L’ancien président est accusé de « traite d’êtres humains aggravée ». Les poursuites concernent une relation présumée avec une adolescente de 15 ans, qui aurait eu lieu entre 2015 et 2016. Un enfant serait né de cette liaison. La jeune fille appartenait à « Génération Evo », un mouvement de soutien politique à Morales. Selon l’accusation, l’ex-dirigeant aurait également conclu un accord avec la famille : les parents auraient reçu plusieurs avantages en échange de leur consentement. La plaignante vit désormais en Argentine, où elle a obtenu le statut de réfugiée en 2025.
Evo Morales dénonce une persécution judiciaire
Evo Morales rejette fermement toutes les accusations. Il évoque une « persécution judiciaire » orchestrée par le pouvoir actuel et accuse directement le président bolivien Luis Arce, son ancien allié politique. Les tensions entre les deux hommes dominent désormais la scène politique bolivienne.
En avril 2025, une juge avait annulé le mandat d’arrêt émis en octobre 2024, une décision qui avait provoqué de vives réactions. Morales avait été convoqué à deux reprises devant la justice, sans jamais se présenter. Le juge Nelson Rocabado a ensuite ordonné son arrestation et la saisie de ses biens. L’ancien président est également poursuivi pour outrage au tribunal.
Le Chaparé, bastion indéfectible de Morales
Depuis octobre 2024, Evo Morales vit retranché dans le Chaparé, au centre du pays. Cette région, son principal bastion politique et syndical, lui offre une protection de fait. Ses partisans assurent quotidiennement sa sécurité pour empêcher toute arrestation, et l’ancien président se déplace sous forte escorte dans toute la zone.
La police bolivienne reconnaît la complexité d’une intervention dans cette région sensible, redoutant des affrontements violents avec les soutiens de Morales. Malgré les poursuites judiciaires, sa popularité reste importante dans le département de Cochabamba : en mars dernier, un proche de Morales a remporté le poste de gouverneur régional. Cette influence locale complique davantage l’action des autorités judiciaires et sécuritaires boliviennes.
Aristide HAZOUME
