Strasbourg se penche sur le cas d’un réfractaire russe

 Strasbourg se penche sur le cas d’un réfractaire russe

Le tribunal administratif de Strasbourg examine ce 17 juin le dossier de Daniil Mukhametov. Ce jeune Russe de 22 ans conteste son transfert vers la Lituanie. Objecteur de conscience, il craint une expulsion vers la Russie et des poursuites judiciaires liées à son refus de participer à la mobilisation militaire.

Un recours décisif devant la justice française

L’avenir de Daniil Mukhametov se joue désormais devant le tribunal administratif de Strasbourg. Le jeune homme, qui a fui la Russie en juin 2025, demande l’annulation de son transfert vers la Lituanie, premier pays européen où il a posé pied. Interdit de sortie du territoire, il s’était spectaculairement évadé d’un train reliant la Russie à l’enclave de Kaliningrad, traversant alors la Lituanie. Après plusieurs mois d’errance, il est arrivé en France fin 2025 et y a déposé une demande d’asile, invoquant son statut d’objecteur de conscience. Mais les autorités françaises, en application du règlement européen Dublin III, ont estimé que la Lituanie était responsable de l’examen de sa demande. La préfecture du Bas-Rhin a donc validé son transfert, une décision que le réfugié conteste aujourd’hui devant la justice administrative.

Le risque d’une expulsion vers la Russie

La défense du jeune Russe met en garde contre les conséquences d’un tel transfert. Selon son avocat, Daniil Mukhametov s’exposerait à une procédure spécifique en Lituanie en raison de son entrée irrégulière, et son statut de fugitif pourrait compromettre sa sécurité. Mais l’enjeu principal reste la crainte d’un renvoi forcé vers la Russie, où les opposants à la mobilisation sont régulièrement poursuivis. Depuis le début du conflit en Ukraine, des milliers de Russes ont fui pour échapper à la conscription, et les organisations de défense des droits humains alertent sur les risques de répression.

L’audience de ce jour pourrait permettre au tribunal d’invoquer la clause discrétionnaire du droit européen, qui autoriserait la France à déroger à la règle de Dublin pour examiner elle-même la demande d’asile. Une telle décision offrirait une protection accrue au jeune homme et éviterait un renvoi vers un pays tiers. L’issue du débat, prévu à 14h30, sera rendue dans les semaines à venir.

Aristide HAZOUME 

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