Gabon : Le discours d’Oligui Nguema divise l’opinion

 Gabon : Le discours d’Oligui Nguema divise l’opinion

Prononcé devant le Parlement réuni en congrès, le discours sur l’état de la nation du président Brice Clotaire Oligui Nguema continue d’alimenter les débats au Gabon. Si les annonces économiques ont suscité un certain espoir au sein de la population, les appréciations politiques restent profondément partagées entre une opposition critique et une majorité présidentielle en phase avec le message.

Opposition et majorité : deux lectures antagonistes du bilan présidentiel

Dès la fin de l’allocution, les réactions ont fusé. Dans le camp de l’opposition, on regrette un discours jugé trop long, parfois confus, et surtout insuffisant sur les dossiers brûlants de la nation. L’ancien sénateur de la Transition et président du parti RÉAGIR, Michel Ongoundou Loundah, s’est montré particulièrement sévère. Il déplore l’absence de toute référence claire à la justice, dans un contexte marqué par plusieurs affaires sensibles. « Ce silence interroge, voire inquiète », a-t-il déclaré, estimant qu’un sujet aussi structurant pour l’État de droit méritait une place centrale dans cette adresse solennelle.

À l’inverse, les soutiens du chef de l’État saluent une intervention ancrée dans les préoccupations quotidiennes des Gabonais. Pour Steeve Davain Mouguiama, président de la Ligue des jeunes de l’UDB, le président a fait le choix de la proximité et de la clarté, sans démagogie ni tonalité partisane. « Il a livré une vision, pas un réquisitoire politique », a-t-il résumé.

Des mesures économiques qui font naître l’espoir

Au-delà des clivages politiques, ce sont surtout les engagements financiers du chef de l’État qui retiennent l’attention des citoyens. Deux annonces majeures ont marqué les esprits :

· 30 milliards de francs CFA débloqués immédiatement pour solder les arriérés de salaire des fonctionnaires, une attente de longue date dans l’administration publique.
· 10 milliards de francs CFA destinés à indemniser les épargnants victimes de la faillite de la Banque postale, dont les économies sont gelées depuis plusieurs années.

Dans les rues de Libreville, de Port-Gentil ou de Franceville, ces promesses sont accueillies avec un mélange de soulagement et d’impatience. Beaucoup espèrent désormais une mise en œuvre rapide, gage de crédibilité pour les prochains mois.

Un exercice à double lecture entre attentes politiques et réalités sociales

Ce discours sur l’état de la nation illustre les défis d’un pays en quête de stabilité et de réconciliation. Entre le besoin de réponses concrètes sur les questions institutionnelles et l’urgence sociale, le chef de l’État a choisi de mettre l’accent sur le pouvoir d’achat et la transparence financière. Reste à savoir si ces annonces suffiront à apaiser les tensions politiques et à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions. Une chose est sûre : les prochains mois seront décisifs pour juger de la traduction des paroles en actes.

Aristide HAZOUME 

Article connexe

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *