L’Afrique du Sud bloque un débat sur la xénophobie
Les tensions migratoires s’exacerbent au Cap, où des manifestants hostiles à l’immigration illégale ont défilé. Pretoria appelle à un débat continental sur le phénomène migratoire, tout en bloquant une tentative du Ghana de cibler spécifiquement les violences xénophobes.
Quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés dans le quartier de Bellville, au Cap, abritant une importante communauté somalienne. Brandissant des pancartes, ils ont scandé des slogans hostiles à l’immigration illégale . Un mémorandum a été remis au ministère de l’Intérieur, réclamant la suspension du traitement des visas étrangers en attendant un recensement des personnes sans papiers . Charlie Rox, dirigeant du mouvement March & March Cape Town, a déclaré que les immigrés étaient « comme des fourmis » .
Un appel au débat continental
Pretoria souhaite porter la question migratoire au niveau continental. Le ministère des Affaires étrangères a appelé jeudi à une conférence africaine sur les migrations, jugeant ce dialogue « de plus en plus urgent » . « La migration est un phénomène continental dont les conséquences dépassent la juridiction d’un seul État », indique un communiqué . L’Afrique du Sud souhaite examiner les causes profondes du sentiment anti-migrants et définir une réponse continentale à la xénophobie .
Le Ghana écarté, Pretoria l’emporte
Cette mobilisation intervient alors que Pretoria a bloqué une tentative du Ghana d’inscrire les violences xénophobes à l’ordre du jour du sommet de l’UA en octobre . Le ministre Ronald Lamola a argumenté que le débat devait être global, sans « isoler » l’Afrique du Sud . Le Conseil exécutif de l’UA a finalement décidé de ne pas discuter spécifiquement des attaques xénophobes lors de la réunion d’évaluation en Égypte . Le Ghana, qui a condamné les attaques, demandait un débat au prochain sommet de l’UA début 2026 .
Un contexte de violences persistantes
L’Afrique du Sud, première puissance économique du continent, attire de nombreux migrants mais connaît des violences xénophobes récurrentes . Ces tensions se sont intensifiées après qu’un ultimatum a été lancé aux étrangers en situation irrégulière pour quitter le territoire avant le 30 juin . Plus de 176 000 personnes ont quitté le pays ces dernières semaines, selon un décompte de l’AFP . Au moins quatre migrants ont été tués, mais le bilan pourrait être plus élevé selon certains gouvernements étrangers . La police sud-africaine a enregistré plus de 53 000 étrangers traités pour expulsion ou rapatriement .
Aristide HAZOUME
