Réparations de l’esclavage : Accra passe à l’action
Le Ghana accueille, du 17 au 19 juin 2026, un sommet international consacré aux réparations liées à l’esclavage et au colonialisme. Cette rencontre fait suite à l’adoption, par l’ONU, d’une résolution historique reconnaissant la traite transatlantique des Africains comme le crime le plus grave contre l’humanité.
Accra au cœur du débat mondial sur les réparations
Réunissant experts, ministres, universitaires et chefs d’État, Accra s’impose comme l’épicentre des discussions. Objectif affiché : transformer les engagements politiques en actions concrètes. La première journée (17 juin) est dédiée aux travaux techniques, qui doivent aboutir à l’élaboration d’un cadre commun pour la justice réparatrice. Les chefs d’État rejoindront les discussions les 18 et 19 juin. Cette conférence de haut niveau est la première du genre depuis l’adoption, le 25 mars 2026, de la résolution A/RES/80/250 par l’Assemblée générale des Nations unies. Porté par le Ghana au nom du Groupe africain, le texte a recueilli 123 voix favorables.
Sous l’impulsion d’un président engagé
Placés sous l’égide du président ghanéen John Dramani Mahama, par ailleurs champion de l’Union africaine pour les réparations, les travaux visent à établir une feuille de route internationale assortie de mécanismes de suivi pérennes. Les organisateurs plaident pour une approche globale des réparations. Les discussions intègrent aussi bien les restitutions d’objets culturels que les programmes éducatifs, les investissements, les excuses officielles et la reconnaissance pleine et entière des préjudices historiques.Pour les défenseurs de cette cause, les séquelles de l’esclavage demeurent tangibles : inégalités économiques persistantes, discriminations raciales et déséquilibres structurels entre l’Afrique et sa diaspora en sont les manifestations les plus criantes.
Un symbole fort : les forts de Cape Coast et d’Elmina
Le choix du Ghana ne doit rien au hasard. Les forts de Cape Coast Castle et d’Elmina Castle, parmi les hauts lieux de la mémoire de la traite, ont servi pendant des siècles de points de départ à la déportation de millions d’Africains vers les Amériques. Les autorités ghanéennes entendent faire du pays un espace de mémoire, de restauration et de guérison. Le sommet vise également à renforcer la coopération entre l’Afrique, les Caraïbes et les diasporas, afin de consolider le mouvement mondial en faveur de la justice réparatrice.
Aristide HAZOUME
