Méga-raffinerie Dangote : Kenya contre Tanzanie

 Méga-raffinerie Dangote : Kenya contre Tanzanie

Le projet de méga-raffinerie porté par Aliko Dangote ravive la concurrence énergétique en Afrique de l’Est. Le Kenya et la Tanzanie se disputent l’accueil de cet investissement stratégique majeur. L’initiative vise à réduire la dépendance régionale aux importations de carburants raffinés. En effet, la capacité annoncée pourrait atteindre 2,1 millions de barils par jour d’ici 2030.

Un projet de raffinerie géant en Afrique de l’Est

Encore en phase de planification, le projet suscite une vive compétition entre plusieurs pays d’Afrique de l’Est, avec le Kenya et la Tanzanie comme principaux candidats. L’objectif est d’accueillir l’un des plus grands équipements énergétiques du continent. Actuellement, la région dépend fortement des importations de carburants raffinés, bien qu’elle dispose d’importantes réserves de pétrole brut. Par conséquent, ce projet pourrait transformer les chaînes d’approvisionnement régionales, réduire les coûts d’importation et renforcer les capacités industrielles locales. Aliko Dangote évoque une capacité de raffinage massive à long terme, qui placerait cette installation parmi les plus grandes raffineries mondiales. Les discussions restent en cours entre les investisseurs et les gouvernements concernés.

Pressions énergétiques et transition régionale

La hausse des prix du carburant accentue les tensions énergétiques en Afrique, dans un contexte mondial marqué par des conflits récents impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Cette situation génère une volatilité persistante des cours pétroliers. Néanmoins, plusieurs pays africains accélèrent leurs stratégies alternatives. En Ouganda, par exemple, des projets de bus électriques sont en développement pour un transport plus propre et moins coûteux, avec le soutien du gouvernement. Le continent explore ainsi de nouvelles options afin de réduire sa dépendance énergétique.

Sécurité alimentaire et nouveaux investissements africains

Un accord important a récemment été signé à Rabat entre la Banque africaine de développement et le groupe OCP. Ce financement, de près d’un milliard d’euros, vise la création d’un corridor africain d’engrais verts. L’objectif est de renforcer la sécurité alimentaire du continent, encore exposé aux fluctuations des marchés mondiaux. Le projet doit améliorer l’accès des agriculteurs aux intrants agricoles et favoriser une agriculture plus durable et autonome. Les engrais verts sont au cœur de cette stratégie continentale, qui soutient également la souveraineté alimentaire africaine.

Face à ces enjeux, l’Afrique de l’Est se trouve à un carrefour stratégique : l’implantation de la raffinerie Dangote pourrait y redessiner la carte énergétique régionale, tandis que les initiatives ougandaises sur les bus électriques et le corridor d’engrais verts montrent la voie vers une plus grande autonomie. La concurrence entre Nairobi et Dar es Salaam est loin d’être close, mais elle illustre une volonté commune de sortir de la dépendance aux importations.

Aristide HAZOUME 

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