Ebola en RDC : Tedros promet une riposte renforcée
Le directeur général de l’OMS, arrivé à Kinshasa jeudi soir, se rend vendredi à Bunia, dans l’Ituri. Face à une épidémie qui a déjà causé plus de 200 décès suspects, il appelle à une mobilisation collective et rapide.
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a atterri jeudi soir à Kinshasa. Cette visite intervient dans un contexte sanitaire préoccupant : l’épidémie d’Ebola progresse dans plusieurs provinces de l’est de la République démocratique du Congo.
L’Ituri reste l’épicentre principal de la flambée actuelle, mais le Nord-Kivu et le Sud-Kivu enregistrent également des cas suspects. Vendredi, Tedros doit rejoindre Bunia, chef-lieu de l’Ituri, pour y rencontrer les autorités sanitaires et les équipes médicales sur le terrain. « Cette épidémie peut être stoppée », a-t-il assuré, appelant à une « mobilisation collective rapide ». Le patron de l’OMS entend soutenir les communautés affectées et promet un renforcement des moyens médicaux et logistiques. L’OMS collabore avec les autorités congolaises depuis plusieurs semaines. Des laboratoires supplémentaires ont été déployés pour accélérer les tests. Pourtant, la flambée actuelle se heurte à des défis majeurs.
Une épidémie aggravée par les conflits armés
Les zones touchées sont fragilisées par l’insécurité chronique. Les violences compliquent l’accès aux soins et aux populations. Selon l’OMS, les déplacements massifs de personnes favorisent la propagation du virus, tandis que la méfiance de certaines communautés ralentit les interventions sanitaires. À ce jour, plus de 1 000 cas suspects ont été recensés, et les autorités dénombrent déjà plus de 220 décès suspects. Des cas confirmés ont également été signalés dans l’Ouganda voisin, ce qui a conduit à un renforcement des contrôles frontaliers. Tedros Adhanom Ghebreyesus a critiqué certaines restrictions de voyage, estimant qu’elles pouvaient dissuader les pays de signaler rapidement leurs cas.
L’OMS rappelle que la souche en cause, la souche Bundibugyo, reste particulièrement préoccupante, d’autant qu’aucun vaccin homologué n’est encore disponible actuellement. Le chef de l’OMS insiste néanmoins sur un point : avec une riposte coordonnée et des moyens adaptés, l’épidémie peut être maîtrisée.
Aristide HAZOUME
