Corse : Le Sénat rejette l’autonomie, les autonomistes claquent la porte

 Corse : Le Sénat rejette l’autonomie, les autonomistes claquent la porte

Le Sénat a rejeté lundi 26 octobre 2026 le projet de réforme constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse par 181 voix contre 134. En cause : une réécriture du texte par la droite sénatoriale, qui a supprimé la notion de « communauté insulaire ». Le camp autonomiste a annoncé son retrait du processus de Beauvau. Sébastien Lecornu demande une reprise des discussions.

La Haute Assemblée a largement modifié le texte adopté par l’Assemblée nationale en juin 2026. À l’initiative de la droite, les sénateurs ont refusé d’inscrire dans la Constitution l’existence d’une « communauté insulaire ». Ils ont aussi réduit la portée des pouvoirs dérogatoires accordés à la collectivité de Corse. Ce texte réécrit n’a satisfait personne. Il a été rejeté par l’addition des voix des opposants à toute réforme et de ceux qui refusaient la copie sénatoriale. Un aboutissement avant la présidentielle de 2027 paraissait déjà improbable. Ce vote l’éloigne davantage.

Le camp autonomiste se retire du processus

Le sénateur Paul Toussaint Parigi (Femu a Corsica) a annoncé le retrait de son mouvement du processus de Beauvau. « Une majorité archaïque a choisi ce soir de détruire un accord politique équilibré », a-t-il déclaré avant de quitter l’hémicycle. Le parti a dénoncé sur X « une défaite cuisante pour la droite sénatoriale ». Le maire de Bastia, Gilles Simeoni, a regretté une « volonté claire de mettre à bas tout cela ». « Nous sommes venus avec deux siècles d’histoire et soixante ans de lutte », a-t-il ajouté. Le Parti de la nation corse (PNC) a également retiré son soutien, dénonçant le « mépris » des sénateurs.

La droite assume son refus

Bruno Retailleau, patron des Républicains, a défendu le rejet. Il reproche au texte initial de vouloir « constitutionnaliser le communautarisme ». « Il ne peut pas y avoir une double souveraineté populaire avec une loi corse et une loi française », a-t-il martelé. La ministre Françoise Gatel s’est dite « désolée ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu lui a demandé de « réunir toutes les parties prenantes » pour trouver des solutions. Le processus de Beauvau, lancé en 2022 par Gérald Darmanin, est aujourd’hui compromis.

Aristide HAZOUME

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