Brésil : La victoire de Lula fait plonger les marchés
La Bourse de São Paulo a chuté de près de 17 % à l’ouverture lundi 26 octobre 2026, au lendemain de la réélection de Luiz Inácio Lula da Silva. Le real a perdu plus de 10 % face au dollar. Le Trésor a annulé ses adjudications de titres pour éviter de tester le prix de la dette.
Le résultat du second tour a pris les investisseurs à contre-pied. Flavio Bolsonaro, perçu comme plus favorable au marché, était donné favori. Sa défaite a déclenché une vague de ventes. L’indice Ibovespa a plongé de 17 % dès l’ouverture. Le mécanisme de coupe-circuit a suspendu les échanges à plusieurs reprises, une première depuis 2020. Le real s’est enfoncé à 5,57 pour un dollar.
Un réveil budgétaire douloureux
La dette publique brésilienne atteint 82,9 % du PIB. Le déficit nominal est projeté à 8,9 % pour 2026. La Selic, taux directeur, se maintient à 13,75 % pour contenir l’inflation. Les mesures annoncées pendant la campagne pèsent sur les perspectives. Lula a promis le maintien des hausses réelles du salaire minimum et l’élargissement du programme Desenrola. Il a aussi sanctuarisé une loi effaçant les dettes des micro-entrepreneurs. Ces dépenses réduisent la marge de manœuvre fiscale.
Le Trésor se retire du marché
Face à la flambée des taux, le Trésor national a annulé les adjudications de titres indexés sur l’inflation et de titres préfixés. Les taux à 10 ans ont bondi à 14,46 %, contre 12,64 % vendredi. Cette décision évite d’émettre à des coûts prohibitifs. Mais elle prive l’État d’un test de confiance des investisseurs. Le Trésor a maintenu l’adjudication de titres indexés sur la Selic.
Aristide HAZOUME
