France : 564 lycées bloqués, la crise scolaire s’intensifie
564 lycées ont été perturbés vendredi 2 octobre en France. Près de 400 établissements sont fermés et la mobilisation s’étend aux universités. Le gouvernement dénonce des « violences urbaines ».
Le gouvernement durcit le ton face à la crise
Le ministère de l’Éducation nationale a recensé 564 établissements perturbés vendredi 2 octobre à la mi-journée. Quelque 400 lycées sur les 3 700 que compte le pays sont fermés, avec des cours assurés à distance. Les autorités ont interdit les manifestations aux abords des établissements fermés. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a qualifié la situation d’« inquiétante ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué jeudi une cellule interministérielle de crise. Matignon a estimé que le mouvement avait basculé vers des « violences urbaines ».
Un bilan humain lourd et des violences
Quarante proviseurs ont été blessés depuis le début du mouvement. Deux entrées de lycées parisiens ont été endommagées par le feu. À Marseille, le proviseur adjoint du lycée Victor Hugo et deux membres du personnel ont été pris pour cible. À Paris, une policière a été agressée, entraînant l’ouverture d’une enquête. Près de 2 000 personnes ont été interpellées depuis le 28 septembre. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a demandé aux procureurs généraux « une grande fermeté dans la réponse pénale ».
Le gouvernement recule sur les frais d’inscription
Face à la colère, le gouvernement a finalement retiré jeudi soir une mesure du budget 2027. Elle prévoyait de faire payer 178 euros aux étudiants non boursiers en BTS et 270 euros en classe prépa. Le ministre Édouard Geffray a annoncé cette décision sur France 2. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, avait dénoncé une « provocation supplémentaire ». L’Union étudiante a qualifié cette annonce d’« écran de fumée ». Le ministre reçoit vendredi les syndicats et associations lycéennes pour renouer le dialogue.
Une crise à sept mois de la présidentielle
Cette mobilisation intervient à sept mois du scrutin présidentiel, où l’extrême droite est donnée favorite. LFI est accusée par Matignon d’être « à l’origine du mouvement ». Jean-Luc Mélenchon a appelé les élèves à n’utiliser « que des méthodes de lutte non-violentes ». Une grande manifestation est prévue mardi 6 octobre.
Aristide HAZOUME
