Burkina Faso : La junte dissout 205 associations
Le gouvernement militaire a suspendu plus de 200 organisations locales. Plusieurs secteurs clés sont touchés par cette nouvelle vague de répression tels que la santé, l’éducation et de droits des femmes.
La junte au pouvoir a ordonné la dissolution de 205 associations. Ces organisations agissent dans la santé, l’éducation, l’agriculture, l’environnement, la culture ou le sport. La mesure a été officialisée mardi par un décret gouvernemental. Cette décision s’inscrit dans une répression plus large. Depuis le coup d’État de 2022, les autorités militaires multiplient les restrictions contre la société civile. Des centaines d’ONG, de syndicats et de groupes de défense des droits ont déjà été visés.
Depuis 2022, la junte réduit au silence les voix critiques
Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte, a signé une loi restrictive en juillet 2025. Ce texte limite sévèrement le travail des associations et des syndicats. « Seules les actions visant à respecter la loi sont autorisées », précise le décret. En réalité, les associations suspendues ne peuvent plus fonctionner normalement pendant toute la durée de la mesure. En avril 2026, Human Rights Watch a estimé que cette loi permet à la junte d’intensifier une répression généralisée. Amnesty International avait déjà dénoncé une « attaque flagrante » contre la liberté d’association.
Les groupes étrangers sont accusés d’espionnage
La junte reproche régulièrement aux ONG internationales une collusion avec les djihadistes. Les organisations recevant des dons étrangers sont souvent accusées d’espionnage. Ces allégations servent à justifier les dissolutions massives. Le contexte sécuritaire reste tendu au Burkina Faso. Ce pays du Sahel fait face à une grave crise djihadiste. Mais les experts dénoncent un usage abusif de ces accusations pour museler la société civile. Les associations dissoutes n’ont pour l’instant annoncé aucun recours.
Aristide HAZOUME
