Madagascar : Andry Rajoelina menacé d’une procédure judiciaire

 Madagascar : Andry Rajoelina menacé d’une procédure judiciaire

À Madagascar, la pression judiciaire s’intensifie autour d’Andry Rajoelina. Exilé à Dubaï depuis sa chute en octobre 2025, l’ancien président pourrait prochainement devoir répondre de ses actes devant la justice, selon les nouvelles autorités.

La situation judiciaire d’Andry Rajoelina connaît une accélération notable. Renversé en octobre 2025, l’ancien chef de l’État vit désormais en exil à Dubaï. Les nouvelles autorités malgaches affichent clairement leur volonté d’engager des poursuites à son encontre.

Mardi 5 mai, la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a précisé la position du gouvernement : elle a confirmé la possibilité d’une mise en accusation imminente. Depuis décembre dernier, une plainte déposée par un collectif citoyen dénommé « Gen Z » vise l’ancien président. Les accusations portent principalement sur des détournements de fonds présumés, des dépenses publiques contestées, ainsi que sur la gestion jugée opaque de la crise du Covid-19.

Vers une mise en accusation parlementaire

Toute poursuite officielle reste conditionnée à un vote de l’Assemblée nationale, étape obligatoire avant un éventuel renvoi devant la Haute Cour de justice, seule compétente pour juger un chef d’État. Selon Fanirisoa Ernaivo, le dossier est déjà inscrit à l’ordre du jour, et le gouvernement souhaite un examen rapide. En cas de vote favorable, une procédure judiciaire formelle pourrait être ouverte, même si le calendrier précis demeure incertain.

Des interrogations sur la stratégie judiciaire du gouvernement

Le gouvernement évoque également un plan alternatif en cas d’échec du vote parlementaire. La ministre de la Justice a soulevé des arguments controversés, contestant notamment la nationalité de l’ancien président ainsi que la légitimité de son titre présidentiel, qu’elle qualifie d’« usurpation ». Ces déclarations suscitent de vives interrogations parmi les observateurs.

Certains analystes pointent une incohérence juridique : comment justifier le recours à la Haute Cour tout en remettant en cause la qualité même d’ancien chef d’État de Rajoelina ? D’autres options judiciaires restent techniquement possibles, comme une procédure classique assortie d’un mandat d’arrêt international. À ce stade, aucune décision définitive n’a été arrêtée. Le dossier, suivi de près par l’opinion publique, continue d’alimenter le débat politique malgache.

Aristide HAZOUME 

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