RDC : Des banques fermées, le PAM déploie des alternatives

 RDC : Des banques fermées, le PAM déploie des alternatives

Dans l’est de la République démocratique du Congo, la fermeture des banques complique sérieusement l’acheminement de l’aide humanitaire. Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur ses conséquences immédiates.

Depuis le début de l’année 2025, plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont privées de services bancaires. Cette mesure, prise par Kinshasa, vise à protéger les épargnants et à limiter les flux financiers vers les groupes armés.

Une chute brutale des transferts monétaires

Cependant, cette décision perturbe fortement l’assistance aux populations. Selon le rapport annuel du PAM, les transferts monétaires ont chuté : sur 75 millions de dollars prévus, moins de 39 millions ont été effectivement versés.

De nombreuses familles ne reçoivent donc plus de soutien financier direct. Or, en contexte de crise, les aides en espèces restent essentielles : elles permettent aux ménages de choisir eux-mêmes les produits dont ils ont besoin. De plus, ces transferts soutiennent les marchés locaux, renforcent les circuits économiques et réduisent les coûts logistiques des opérations humanitaires.

« Chakula sokoni » : une solution innovante par cartes biométriques

Face à cette situation, le PAM a lancé une réponse innovante. Le programme « Chakula sokoni » qui signifie « nourriture au marché »  repose sur des cartes biométriques. Ce système permet de contourner l’absence de services bancaires classiques. Dans le territoire de Masisi, chaque bénéficiaire reçoit 15 dollars sous forme de crédit, utilisable auprès de commerçants équipés de terminaux électroniques. Les achats incluent du riz, de la farine, des haricots, de l’huile ou du poisson.

Un dispositif prometteur mais encore limité

Environ 30 000 personnes participent déjà à ce dispositif. Selon les données du PAM, 83 % des bénéficiaires s’en déclarent satisfaits. Les commerçants constatent également une reprise de leurs activités. Par ailleurs, près de 75 % des produits alimentaires restent disponibles sur les marchés locaux, ce qui favorise une certaine stabilité économique, malgré l’insécurité persistante.

Néanmoins, ce projet pilote reste limité : il ne couvre que le territoire de Masisi. Son financement repose sur plusieurs partenaires internationaux, dont le Royaume-Uni, la Norvège, la Suède et le Canada.

L’aide restera insuffisante sans réouverture des banques

Enfin, la situation humanitaire continue de se dégrader dans l’est du pays. Sans réouverture des banques, l’aide restera insuffisante, alors que les besoins des populations ne cessent d’augmenter dans un contexte sécuritaire toujours fragile.

Aristide HAZOUME 

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