Choléra au Nigeria : 74 morts en cinq semaines
L’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, fait face à une grave épidémie de choléra. Depuis début mai, au moins 74 personnes sont décédées et plus de 7 800 cas suspects ont été recensés, selon les autorités sanitaires et Médecins Sans Frontières.
Une flambée de choléra qui inquiète
L’épidémie progresse rapidement dans l’État de Borno. Cette région du nord-est du Nigeria est déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements de population. Selon Médecins Sans Frontières (MSF), 7 850 cas suspects ont été enregistrés au 7 juin. Quatorze collectivités locales sont touchées. Le ministère de la Santé de Borno confirme une hausse quotidienne des contaminations. Le bilan officiel dénombre au moins 74 décès depuis le début de l’épidémie. Les centres de santé subissent une forte pression. L’afflux de patients ne cesse d’augmenter.
À Maiduguri, la capitale de l’État, MSF et les autorités sanitaires ont ouvert un centre spécialisé. Cette structure renforce la prise en charge des malades. « Chaque jour, plus de patients arrivent dans nos centres », a déclaré Bienfait Tombola, coordinateur médical de MSF à Maiduguri. L’organisation humanitaire précise avoir déjà traité 7 439 personnes. La moyenne atteint environ 230 admissions quotidiennes. Le 5 juin, plus de 500 nouveaux cas ont été enregistrés. C’est un record depuis le début de l’intervention.
Eau insalubre et déplacements favorisent la propagation
Le choléra est une maladie bactérienne. Elle se transmet par l’eau contaminée. Elle se développe rapidement dans les zones sans assainissement adéquat. L’État de Borno reste confronté à une crise humanitaire persistante. Depuis plusieurs années, les violences armées provoquent des déplacements massifs de population. De nombreuses communautés vivent dans des camps surpeuplés. L’accès à l’eau potable est limité dans plusieurs localités.
Ces conditions augmentent fortement les risques de propagation. Les autorités craignent une extension de l’épidémie à d’autres zones. Les mesures actuelles pourraient s’avérer insuffisantes. Pour contenir la maladie, une campagne de vaccination est en préparation. Les équipes médicales intensifient les actions de sensibilisation. Les efforts portent sur l’hygiène, l’accès à l’eau potable et la surveillance épidémiologique. Les autorités sanitaires appellent les populations à signaler rapidement les symptômes. Cela permet de limiter les contaminations et de réduire la mortalité.
Aristide HAZOUME
