Soudan : Plainte historique contre les FSR au Kenya
Douze victimes soudanaises ont saisi la justice kényane contre des membres présumés des Forces de soutien rapide (FSR). Cette procédure inédite vise des accusations de torture, de violences sexuelles et de crimes de guerre commis durant le conflit au Soudan.
Une première action judiciaire hors du Soudan
Une plainte pénale inédite a été déposée à Nairobi. Elle vise les Forces de soutien rapide (FSR). L’action a été engagée par l’organisation Legal Action Worldwide. Le Centre africain pour la justice et les études sur la paix la soutient. Les plaignants sont douze victimes soudanaises. Elles demandent l’ouverture d’enquêtes contre dix membres présumés des FSR. Certains suspects auraient des liens avec le Kenya. La plainte couvre des faits commis entre avril 2023 et mars 2025. Les abus auraient eu lieu à Khartoum et dans ses environs. Pendant cette période, plusieurs zones étaient sous contrôle paramilitaire.
Les victimes dénoncent des détentions arbitraires et des traitements inhumains. Elles évoquent aussi des actes de torture, des violences sexuelles et des viols. Certaines affirment avoir été contraintes de déplacer des corps depuis des centres de détention. Selon les avocats du dossier, cette procédure est une première. Aucune poursuite contre des membres des FSR n’avait été engagée devant une juridiction étrangère. Le dossier s’appuie sur la loi kényane de 2008 relative aux crimes internationaux.
Les FSR au cœur d’accusations internationales
Les Forces de soutien rapide combattent l’armée soudanaise depuis avril 2023. Le conflit a plongé le pays dans une crise majeure. Plus de 59 000 personnes auraient perdu la vie depuis le début des combats. Ce bilan pourrait être largement sous-estimé. Les FSR sont régulièrement accusées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Des organisations de défense des droits humains, l’ONU et plusieurs gouvernements ont dénoncé de graves violations attribuées au groupe.
En février 2026, des experts des Nations unies ont rapporté plus de 6 000 morts lors de l’offensive contre El-Fasher, au Darfour. Ils ont évoqué des actes pouvant relever du génocide. Pour les victimes, cette plainte représente une rare opportunité d’obtenir justice. Le système judiciaire soudanais reste gravement affaibli par la guerre. Les autorités kényanes n’ont pas encore annoncé leur décision sur l’ouverture de poursuites.
Aristide HAZOUME
