RDC : Des migrants expulsés des États-Unis confrontés à une situation incertaine
En République démocratique du Congo, des migrants expulsés des États-Unis vivent une situation difficile. Récemment arrivés à Kinshasa, ils dénoncent des conditions de séjour précaires.
Une expulsion vers un pays tiers imprévue
Ces migrants, originaires d’Amérique latine, espéraient obtenir l’asile aux États-Unis. Ils ont pourtant été expulsés vers la RDC, dans le cadre d’un programme migratoire controversé prévoyant le renvoi vers des pays tiers partenaires. Selon leurs témoignages, le voyage a duré 27 heures, les mains menottées. Certains affirment n’avoir pas connu leur destination avant le départ. Depuis leur arrivée, ils sont logés dans un complexe sécurisé près de l’aéroport de Kinshasa. Les migrants assurent ne pas pouvoir quitter les lieux, surveillés par des forces de sécurité. Ils passent leurs journées à contacter leurs proches. Aucun ne maîtrise le français, langue officielle du pays, ce qui complique toute intégration.

Une assistance limitée et des inquiétudes sanitaires
Les migrants disent avoir reçu une aide financière initiale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui évoque un possible retour volontaire assisté. Cependant, plusieurs dénoncent un suivi médical insuffisant. Certains souffrent de fièvre et de troubles digestifs, et peu de soins leur sont fournis.
Une situation administrative floue
Certains migrants disposent d’un visa de sept jours, prolongeable jusqu’à trois mois. Ils craignent toutefois une interruption rapide de l’aide humanitaire et de se retrouver livrés à eux-mêmes. La situation est aggravée par les conditions de vie à Kinshasa, qui compte plus de 17 millions d’habitants. Une grande partie de la population vit sous le seuil de pauvreté, et l’accès aux services essentiels reste limité.
Réactions et incertitudes
L’arrivée de ces migrants suscite des réactions au sein de la société civile congolaise. Le programme américain continue de faire débat, alors que d’autres pays africains participent à ce dispositif. À ce stade, aucune évolution majeure n’est confirmée. Les migrants restent dans l’attente d’une solution durable.
Aristide HAZOUME
