Zimbabwe : Mnangagwa prolonge son mandat jusqu’en 2030
Le président zimbabwéen a promulgué une réforme controversée. Le texte allonge son mandat de deux ans. Il modifie aussi le mode d’élection présidentielle. Une décision qui secoue la scène politique nationale.
Emmerson Mnangagwa a signé la réforme ce mardi è juillet 2026. Nick Mangwana, porte-parole du gouvernement, a confirmé l’information. « Signé, scellé et promulgué », a-t-il déclaré. Le Parlement avait adopté le texte en juin. L’Assemblée nationale a voté à la majorité. Plus des deux tiers des députés ont approuvé. Le Sénat, dominé par le ZANU-PF, a suivi. Le parti au pouvoir contrôle totalement les institutions.
Un mandat prolongé et un scrutin chamboulé
La loi modifie la durée du mandat présidentiel. Elle passe désormais de cinq à sept ans. Le chef de l’État pourrait rester jusqu’en 2030. Élu en 2018, Mnangagwa a été réélu en 2023. Il dirige le Zimbabwe depuis la chute de Mugabe. La réforme change aussi le système électoral. Le président pourrait être choisi par le Parlement. Fini le vote direct des citoyens. Ce changement inquiète les défenseurs de la démocratie. La Constitution de 2013 exigeait pourtant un référendum. Toute prolongation devait être soumise au peuple. Cette procédure n’a pas été respectée.
L’opposition dénonce un coup de force
Les partis d’opposition ont vivement réagi. Ils dénoncent une manœuvre pour rester au pouvoir. La réforme favorise clairement le président sortant. Plusieurs acteurs politiques parlent de dérive autoritaire. Human Rights Watch s’est également alarmée. L’ONG avait signalé des pressions sur les opposants. Des militants auraient été intimidés avant le vote. Les autorités rejettent toutes ces accusations. Elles affirment vouloir renforcer les institutions. Le gouvernement évoque une meilleure organisation de l’État. Mais les observateurs internationaux restent sceptiques. La communauté africaine suit la situation avec attention.
Les tensions politiques persistent au Zimbabwe. L’économie du pays reste fragile et instable. La réforme relance le débat démocratique. Certains citoyens redoutent une dérive autoritaire. D’autres estiment que le changement est nécessaire. Le paysage politique zimbabwéen se fragmente chaque jour. Mnangagwa semble déterminé à poursuivre son projet. Les élections futures sont déjà remises en question. L’opposition promet de contester cette réforme. Elle envisage des recours juridiques. La société civile se mobilise timidement. L’avenir politique du Zimbabwe est incertain. Cette réforme marque un tournant historique. Elle pourrait influencer d’autres pays de la région. La démocratie africaine est mise à l’épreuve.
Aristide HAZOUME
