Washington sanctionne Joseph Kabila pour son soutien présumé au M23
Les États-Unis ont imposé des sanctions contre Joseph Kabila, accusé de soutenir le Mouvement du 23-Mars (M23). Washington dénonce un rôle direct de l’ancien président congolais dans l’instabilité persistante de l’est de la République démocratique du Congo.
Accusations de soutien actif au M23
Le 30 avril, le département du Trésor américain a sanctionné Joseph Kabila. Cette décision émane de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’agence du Trésor chargée du contrôle des avoirs étrangers. Selon l’OFAC, l’ancien chef d’État soutient activement le Mouvement du 23-Mars, un groupe armé qui opère dans l’est de la RDC depuis plusieurs années.
Washington accuse également Kabila d’appuyer l’Alliance Fleuve Congo, une coalition qui agit comme la branche politico-militaire du M23. Les autorités américaines estiment que cette implication aggrave l’instabilité régionale. D’après des estimations internationales, des milliers de civils ont été tués et la crise a provoqué des déplacements massifs de populations. L’OFAC affirme que Joseph Kabila aurait récemment séjourné à Goma, ville qui reste un bastion stratégique du M23 dans l’est congolais.
Condamnation congolaise et riposte américaine
En septembre 2025, la justice congolaise a condamné Kabila à mort par contumace pour complicité avec le M23. Quelques semaines plus tard, un accord impliquant la RDC et le Rwanda a été signé à Washington, avec le soutien de l’ancien président Donald Trump. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a justifié ces sanctions en affirmant que « les acteurs de l’instabilité doivent rendre des comptes ». Les mesures prévoient le gel des avoirs de Joseph Kabila aux États-Unis, ainsi que l’interdiction de toute transaction avec des entités américaines. Tous les biens liés à Kabila sont désormais bloqués, et les entreprises américaines doivent signaler tout lien financier.
Les autorités américaines évoquent également des restrictions élargies, qui concernent les entités détenues majoritairement par des personnes sanctionnées. Washington réaffirme son soutien à la stabilité et à l’intégration économique régionale, les accords récents visant à renforcer le commerce et les investissements.
Aristide HAZOUME
