Tunisie : La justice confirme la peine des journalistes
La cour d’appel de Tunis a maintenu la condamnation à trois ans et demi de prison contre Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies. Les deux journalistes sont détenus depuis mai 2024. Reporters sans frontières dénonce un « acharnement judiciaire ».
Le verdict est tombé mardi 12 mai. La Cour d’appel de Tunis a confirmé la peine des deux journalistes. Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies restent condamnés à trois ans et demi de prison. Le motif officiel : « blanchiment d’argent ». Détenus depuis le 11 mai 2024, ils dénoncent une procédure vide de preuves. « Zéro, niente, je n’ai ni biens immobiliers », a martelé Mourad Zeghidi à l’audience. Leurs avocats ont pointé l’absence de documents bancaires ou d’actifs cachés.
Une enquête sans preuves, selon RSF
Après 23 mois d’enquête, aucun élément sérieux n’a été trouvé. C’est ce qu’affirme Oussama Bouagila, directeur régional de RSF. L’ONG parle d’un « acharnement judiciaire » contre des critiques du président Kaïs Saïed. Les deux hommes étaient poursuivis pour leurs chroniques radio et télé. La pression judiciaire ne faiblit pas en Tunisie. Le 7 mai, le journaliste Zied el-Heni a pris un an de prison ferme. Son délit : des critiques contre des décisions visant ses confrères. « La Cour d’appel confirme une condamnation sans preuve », a ajouté Oussama Bouagila.
Aristide HAZOUME
