RDC : Le régulateur des médias au bord de l’asphyxie financière
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) traverse une grave crise financière. Dans une note officielle publiée mardi 12 mai 2026, le régulateur congolais dénonce des impayés prolongés et un « affaiblissement organisé ». L’institution affirme ne plus disposer des moyens nécessaires pour assurer pleinement ses missions de contrôle des médias en République démocratique du Congo.
Le CSAC dénonce une asphyxie financière prolongée
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication affirme fonctionner dans des conditions difficiles. Dans une note transmise à la presse, l’institution évoque une « profonde précarité ». Entièrement dépendant du budget de l’État congolais, le CSAC constate que plusieurs crédits votés par le Parlement restent bloqués. Le régulateur accuse le gouvernement de ne pas débloquer les fonds attendus.
Selon l’institution, certains agents cumulent plusieurs mois d’impayés, ce qui affecte fortement le fonctionnement quotidien des services. Le moral des employés est également en forte baisse. Le CSAC estime que cette crise dépasse désormais un simple retard administratif et évoque une possible stratégie visant à fragiliser son indépendance. Dans sa note, l’instance parle explicitement d’un « affaiblissement organisé ». (Source : actualite.cd)
Un régulateur fragilisé dans ses missions essentielles
Le CSAC joue un rôle central dans la régulation des médias congolais. L’institution supervise notamment les contenus audiovisuels et les organes de presse. Elle peut convoquer des journalistes, prononcer des sanctions disciplinaires, suspendre des programmes ou couper certains signaux médiatiques.
Malgré ces responsabilités, l’institution affirme fonctionner « par à-coups » : des financements seraient débloqués ponctuellement avant d’être interrompus. Cette instabilité compliquerait sérieusement l’exécution des missions réglementaires. Dans sa déclaration, le CSAC met en garde contre les risques démocratiques : « Un régulateur contrôlable cesse d’être un pilier démocratique », écrit-il.
Le Conseil assure avoir alerté plusieurs autorités nationales depuis des années, mais indique qu’aucune réponse concrète n’a suivi ces démarches officielles. Cette crise intervient dans un climat déjà tendu pour les médias congolais. Plusieurs organisations internationales réclament régulièrement davantage de garanties pour la liberté de la presse en République démocratique du Congo. (Source : rsf.org)
Aristide HAZOUME
