Procès des opposants du GCAP sous haute tension
Le procès de huit opposants tchadiens issus du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) s’est ouvert à la prison de Klessoum, à N’Djamena. Les prévenus contestent les accusations de rébellion et de mouvement insurrectionnel. La défense dénonce un dossier « sans preuves » et critique la tenue des audiences en milieu carcéral.
Un procès sensible au cœur de N’Djamena
Au Tchad, les audiences contre huit responsables de l’ex-GCAP ont débuté le mercredi 6 mai 2026. Le procès se déroule exceptionnellement à la maison d’arrêt de Klessoum, à N’Djamena. Les débats doivent se poursuivre le jeudi 7 mai avec les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense. Les opposants sont poursuivis pour « attroupement armé », « mouvement insurrectionnel », « rébellion » et « détention illégale d’armes de guerre ». Ces accusations font suite à leur arrestation du 25 avril et à leur placement sous mandat de dépôt le 28 avril. Le dossier judiciaire intervient après la dissolution du GCAP par la Cour suprême tchadienne. La plateforme avait prévu une marche pacifique avant son interdiction officielle.
La défense dénonce une procédure politique
Les avocats des prévenus contestent fermement les charges retenues. Selon eux, aucun élément probant n’a été présenté durant l’instruction. Ils réclament la libération des opposants détenus à Klessoum. La défense critique également le choix de la prison comme lieu d’audience, estimant que cette décision porte atteinte au principe d’un procès public et transparent. Les proches des accusés dénoncent par ailleurs des restrictions d’accès aux audiences.
Plusieurs figures de l’opposition tchadienne ont exprimé leur solidarité envers les détenus. L’ancien Premier ministre Pahimi Padacké Albert a déclaré : « L’opposition n’est pas un délit ». Le parquet justifie la tenue du procès en prison par des raisons de sécurité et des risques de troubles à l’ordre public.
Aristide HAZOUME
