Malouines : Milei durcit le ton, Londres résiste
Le président argentin annonce des sanctions contre les entreprises opérant autour des îles. Londres réaffirme sa souveraineté sur l’archipel. Une tension ranimée par le soutien implicite de Donald Trump.
La querelle des Malouines rebondit. Jeudi 3 septembre, Javier Milei a durci sa position. Il a annoncé un projet de loi pour punir les opérations non autorisées. Londres a immédiatement répliqué. « Notre engagement est absolu et inébranlable », a déclaré le ministre de la Défense Wes Streeting. Les îles sont britanniques par choix de leurs habitants, a-t-il rappelé. Ce bras de fer intervient dans un contexte particulier. Donald Trump a évoqué un possible changement de position américaine. Une déclaration qui a ravi Buenos Aires. Milei y voit « des vents favorables » pour sa cause.
Un conflit historique et identitaire
L’archipel est disputé depuis 1833 pour l’Argentine. Une guerre en 1982 a fait 649 morts argentins et 255 britanniques. Les Malouines restent un symbole fort pour l’identité nationale. Le slogan « Malvinas Argentinas » est partout. Un large consensus politique soutient la revendication. Mais les méthodes divergent, selon l’analyste Tomas Mugica. Milei profite de ce sujet pour se renforcer. Sa popularité baisse après plusieurs mois d’austérité.
Un enjeu diplomatique et pétrolier
La tension monte aussi sur les ressources maritimes. L’Argentine a condamné un projet pétrolier britannique. Une association d’anciens combattants a intenté une action en justice. Milei promet de déployer « tous les instruments de l’État ». Il rejette le droit à l’autodétermination des 3 500 habitants. Une position que Londres juge inacceptable. Certains analystes voient un calcul politique derrière ce regain. Trump utiliserait ce dossier pour faire pression sur le Royaume-Uni. Notamment sur le financement de l’Otan ou la guerre en Iran. La prudence reste de mise à Buenos Aires.
Aristide HAZOUME
