Brésil : La Cour suprême éclaboussée par un scandale bancaire

 Brésil : La Cour suprême éclaboussée par un scandale bancaire

Le juge Alexandre de Moraes, figure de la lutte contre Bolsonaro, est visé par des révélations. Ses liens avec un banquier soupçonné de fraude secouent le tribunal. L’affaire intervient à un mois des élections générales.

La Cour suprême brésilienne est au cœur d’une tempête. Le juge Alexandre de Moraes est sous pression. Des messages révèlent ses échanges réguliers avec Daniel Vorcaro. Ce banquier est au centre d’une vaste enquête pour fraude. Le rapport de la Police fédérale, rendu public mardi, est explosif. Il mentionne des contrats entre Banco Master et le cabinet de l’épouse du magistrat. Un contrat de 131 millions de reais (22 millions d’euros) est cité. Moraes aurait lui-même édité plusieurs versions du projet. Les enquêteurs évoquent aussi des avantages offerts par Vorcaro. Avions et autres faveurs auraient été proposés à l’entourage du juge. Aucune preuve d’infraction n’est établie pour l’instant. Mais la presse, comme Folha de São Paulo, réclame déjà sa démission.

Une bataille interne au sein du STF

La publication du rapport est un acte politique fort. C’est le juge André Mendonça qui l’a demandée. Cet ancien ministre de Bolsonaro est considéré comme un adversaire de Moraes. La rivalité au sein du tribunal est désormais publique. « Une grande partie des faits était déjà connue », explique Gustavo Ribeiro. Mais les détails rendent l’affaire plus choquante. Le STF subit déjà de fortes pressions. Cette affaire fragilise encore son image.

Un timing décisif pour l’élection présidentielle

Le scandale éclate à un moment critique. Le premier tour des élections a lieu dans un mois. La droite brésilienne, menée par Flavio Bolsonaro, attaque la Cour suprême. Mais le fils de l’ancien président est aussi lié au banquier Vorcaro. L’enjeu est immense. Le prochain président nommera quatre nouveaux juges sur onze. « Cela peut faire basculer l’élection », prévient Gustavo Ribeiro. La composition du STF est devenue un enjeu électoral majeur.

Aristide HAZOUME

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