L’Ukraine veut rendre le ciel russe infréquentable

 L’Ukraine veut rendre le ciel russe infréquentable

Kiev a officiellement saisi l’OACI pour demander l’interdiction des vols civils au-dessus de la Russie, une manœuvre de guerre qui perturbe déjà le trafic aérien.

L’Ukraine a officiellement notifié à l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) que l’espace aérien russe est désormais dangereux pour l’aviation civile. Le ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha a exhorté toutes les compagnies à l’éviter. Kiev demande à l’agence onusienne d’encourager ses États membres à prononcer une « interdiction totale » des vols civils dans ce ciel.

Un objectif stratégique et des conséquences immédiates

Cette démarche survient alors que l’Ukraine intensifie ses attaques de drones à l’intérieur du territoire russe. Le président Volodymyr Zelensky a prévenu que le ciel russe deviendrait « complètement dangereux » en raison de cette activité. Les incursions de drones perturbent déjà le trafic : des fermetures d’aéroports, des annulations et des retards sont régulièrement enregistrés. Mercredi, les aéroports de Moscou ont affiché des dizaines d’annulations et des centaines de retards. Pour l’expert en aéronautique Xavier Tytelman, Kiev cherche à accroître l’isolement de la Russie et à peser sur son économie. L’objectif est de contraindre les transporteurs étrangers, notamment chinois, turcs et émiriens, à renoncer à ces couloirs aériens.

Une riposte russe et des limites institutionnelles

La Russie a dénoncé des avertissements « illégitimes », qualifiant même les propos de Zelensky de « déclaration de terrorisme d’État ». Moscou assure pouvoir garantir la sécurité de son espace aérien. L’OACI a rappelé mercredi que les risques augmentaient pour les avions civils dans les zones de conflit, sans mentionner la Russie. L’organisation, qui compte 193 États membres, ne peut imposer une telle interdiction. Sa portée est donc limitée. L’Ukraine, dont l’espace aérien est fermé depuis février 2022, cherche avant tout à faire évoluer l’appréciation du risque. Un risque illustré par l’accident de l’Azerbaijan Airlines en décembre 2024, où deux missiles russes ont explosé près de l’appareil.

Aristide HAZOUME

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