Le cinéma soudanais en exil s’invite à Paris
Jusqu’au 6 septembre, le festival Arkawit dévoile une création méconnue, née sous les bombes et dans l’exil.
Le Festival de films Arkawit a ouvert ses portes mercredi 2 septembre à Paris.Pour sa deuxième édition, il explore la thématique « Exils et engagements ».L’événement se tient au Goethe-Institut et à La Clef Revival.L’objectif ? Révéler une création soudanaise « largement méconnue en France ».
Une jeune génération face à la guerre
Le festival met à l’honneur des films produits après 2023.Ces œuvres sont souvent réalisées en exil par de jeunes autodidactes.Shehab Satti, réalisateur soudanais vivant en Égypte, présente Sérotonine (2018).Son prochain court métrage aborde la guerre de manière indirecte.« On montre ses conséquences sur les enfants », confie-t-il.
Résistances et renaissance cinématographique
Le cinéma soudanais a subi de nombreux bouleversements politiques.Le coup d’État militaire de 1989 a réduit la production culturelle.« Il a fallu plusieurs décennies pour renaître », explique Kateryna Lobodenko.Cette chercheuse de Sorbonne Nouvelle a participé à la création du festival.La programmation propose des films émergents à partir de 2018.Elle inclut aussi des œuvres nées après la guerre de 2023. Des tables rondes réuniront cinéastes, chercheurs et critiques.Ils questionneront la création en temps d’exil et de guerre.Le festival rend hommage aux anciens cinéastes comme Gadalla Gubara.Il célèbre également la nouvelle vague de réalisateurs soudanais.Arkawit, nom d’un lieu de villégiature près de la mer Rouge, symbolise cette résilience.
Aristide HAZOUME
