Haïti : Démission d’un maire face à l’insécurité croissante

 Haïti : Démission d’un maire face à l’insécurité croissante

Le maire de Marchand-Dessalines a démissionné, révélant l’aggravation de la violence des groupes armés dans l’Artibonite, tandis qu’une mobilisation rare a eu lieu à Jacmel et que les syndicats réclament une hausse du salaire minimum.

Le maire de Marchand-Dessalines, Dunord Sileus, a démissionné. Cette démission montre l’aggravation de l’insécurité dans l’Artibonite. Les groupes armés y étendent leur influence depuis plusieurs mois. Dans une lettre officielle, le président du conseil municipal intérimaire dénonce le « mépris de l’État central ». Il dénonce aussi un « silence complice » des autorités. Il affirme avoir lancé plusieurs appels et un ultimatum. Il demandait le retour des forces de sécurité. Il n’a reçu aucune réponse concrète.

La situation sécuritaire s’est fortement détériorée depuis juillet 2025. Le commissariat de Dessalines a été incendié à cette époque. L’incendie est attribué au groupe armé Kokorat San Ras. Fin mars, un massacre d’environ 70 personnes a eu lieu à Jean-Denis. Jean-Denis se trouve dans la zone de Petite-Rivière de l’Artibonite. Marchand-Dessalines figure parmi les communes les plus touchées. C’est ce que rapportent plusieurs sources locales.

Une administration locale sous pression

La démission de Dunord Sileus traduit un affaiblissement des institutions locales. Cet affaiblissement est dû à la montée de la violence. L’élu affirme ne plus pouvoir assurer ses fonctions. Les conditions sécuritaires minimales ne sont plus réunies. Des habitants signalent une présence accrue d’hommes armés. Ils constatent une paralysie partielle des services publics. Cette crise touche plusieurs zones de l’Artibonite. Les groupes armés y imposent progressivement leur contrôle territorial. Ils limitent la circulation et l’action des autorités.

Mobilisation à Jacmel contre l’insécurité

Dans le sud-est du pays, la ville de Jacmel s’est mobilisée. Cette mobilisation a suivi l’attaque de Seguin. L’attaque a fait sept morts. Des habitants, inquiets d’une propagation des violences, sont descendus dans les rues. Ils ont dénoncé massivement l’insécurité. Selon plusieurs observateurs, cette mobilisation est rare. Une ville de province se mobilise rarement sur ce sujet. Les manifestants réclament un renforcement urgent de la sécurité. Ils demandent une réponse plus ferme des autorités.

Tensions sociales et le pouvoir d’achat

Par ailleurs, les syndicats haïtiens maintiennent leurs revendications. Ils réclament un salaire minimum à 3000 gourdes par jour. Cela représente environ cinq fois le niveau actuel. Ils dénoncent la hausse du coût de la vie. Ils dénoncent l’absence de réponse des autorités. Ils accusent aussi le secteur privé de silence. Le secteur privé ne réagit pas face à la crise économique.

Aristide HAZOUME

Article connexe

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *