Congo : Denis Sassou-Nguesso investi pour un 5e mandat à Brazzaville
Le président congolais a prêté serment jeudi 16 avril 2026 au stade de Kintélé. Ce cinquième mandat officialise la continuité du pouvoir, malgré une opposition contestataire et des défis économiques persistants.
Un discours centré sur la relance économique
À Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso a prêté serment jeudi 16 avril 2026. La cérémonie s’est déroulée au stade de Kintélé, en présence de plusieurs chefs d’État et délégations internationales. Le président congolais a été réélu le 15 mars avec plus de 94 % des voix. Cette investiture intervient après plus de quatre décennies au pouvoir, interrompues seulement dans les années 1990. À 82 ans, Denis Sassou-Nguesso entame un nouveau quinquennat. Le scrutin a été contesté par une partie de l’opposition, même si le taux de participation officiel dépasse 84 %. Les observateurs de l’Union africaine ont salué une élection jugée « pacifique et ordonnée ». En revanche, les candidats de l’opposition dénoncent des irrégularités et un processus électoral déséquilibré.
Lors de son discours d’investiture, le président a placé son nouveau mandat sous le signe de la relance économique, de l’emploi et du développement des infrastructures. Il a annoncé vouloir « revitaliser l’économie nationale » en s’appuyant sur l’agriculture et l’industrialisation. Il a également promis la création d’emplois pour les jeunes. Denis Sassou-Nguesso a réaffirmé son engagement en faveur du panafricanisme économique et du multilatéralisme, face à un contexte international qu’il juge instable.
Une économie sous pression malgré le pétrole
Le Congo dispose d’importantes ressources pétrolières, mais les défis économiques restent persistants. Selon plusieurs données de la Banque mondiale, la dette publique avoisine 95 % du PIB. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le chômage des jeunes demeure un enjeu majeur, car près d’un habitant sur deux a moins de 18 ans. Les autorités affirment vouloir accélérer les réformes économiques, mais les indicateurs sociaux restent préoccupants.
Une continuité politique consolidée
Cette nouvelle investiture confirme la stabilité institutionnelle du régime. Elle ravive en même temps les débats sur l’alternance politique au Congo-Brazzaville. Le pouvoir mise sur la continuité pour poursuivre ses programmes de développement, dans un contexte marqué par des attentes sociales fortes.
Aristide HAZOUME
