Danemark : Un gouvernement historique à majorité féminine
La Première ministre danoise Mette Frederiksen a dévoilé son nouveau gouvernement. Pour la première fois dans l’histoire du pays, les femmes sont majoritaires au sein de l’exécutif, marquant une étape importante de la vie politique danoise.
Une première historique au sommet de l’État
Plus de deux mois après les élections législatives, Mette Frederiksen a présenté son nouveau gouvernement le 3 juin 2026.
La cheffe du gouvernement a annoncé une équipe composée de 21 ministres. Parmi eux, onze sont des femmes et dix sont des hommes. Il s’agit d’une première dans l’histoire politique du Danemark. Devant le palais royal, Mette Frederiksen a souligné le caractère inédit de cette composition gouvernementale. Plusieurs figures de l’équipe sortante conservent leurs fonctions. Le chef du parti des Modérés, Lars Løkke Rasmussen, reste ministre des Affaires étrangères. Cette continuité vise à assurer la stabilité politique du pays. La nouvelle équipe reflète aussi les compromis issus des négociations postélectorales, qui ont duré plusieurs semaines après le scrutin du 24 mars.
Priorités sociales et équilibres politiques
La composition du gouvernement révèle plusieurs ajustements stratégiques. Peter Hummelgaard devient ministre des Finances. Nicolai Wammen prend la tête du ministère de la Justice. Ces deux responsables figurent parmi les personnalités influentes du Parti social-démocrate et sont régulièrement cités parmi les possibles successeurs de Mette Frederiksen.
La Première ministre a également détaillé les grandes orientations gouvernementales :
· Le soutien au pouvoir d’achat figure parmi les priorités annoncées, avec des mesures face à la hausse persistante des prix.
· Le programme prévoit une réduction du coût des transports publics.
· La gratuité des soins dentaires fait également partie des engagements.
Sur l’immigration, le gouvernement maintient une ligne restrictive, cette position demeurant un marqueur central de la politique danoise. Les élections de mars ont confirmé la fragmentation du paysage politique. Les sociaux-démocrates ont enregistré leur plus faible résultat depuis 1903. Malgré ce recul, ils restent la première force politique du pays avec 38 sièges au Parlement. Aucun bloc n’a toutefois décroché une majorité absolue, ce qui a rendu les négociations particulièrement complexes. Le nouveau gouvernement devra désormais rassembler des majorités sur plusieurs dossiers sensibles. La composition de l’exécutif traduit ainsi la volonté de conjuguer stabilité politique, réformes sociales et représentation accrue des femmes dans les plus hautes fonctions de l’État.
Aristide HAZOUME
