Égypte : Une économie mise à rude épreuve par la chaleur extrême

 Égypte : Une économie mise à rude épreuve par la chaleur extrême

L’Égypte suffoque. Avec des températures dépassant régulièrement les 45 °C, la vague de chaleur exceptionnelle qui s’abat sur le pays ne se limite pas à un aléa climatique : elle devient un véritable frein pour l’économie nationale. Secteurs du bâtiment, agriculture, pouvoir d’achat des ménages… les vagues de chaleur successives exposent les fragilités d’un pays déjà sous tension.

Des chantiers en plein cagnard, des ouvriers en première ligne

À Alexandrie comme dans la vallée du Nil, les ouvriers du bâtiment poursuivent leurs travaux dans des conditions éprouvantes. « Huit heures par jour sous ce soleil, c’est épuisant », confie Aly Gamal, employé sur un chantier. Pour limiter les risques de déshydratation et d’épuisement, les entreprises multiplient les pauses et aménagent des espaces ombragés. Certaines ont même décalé les horaires de travail en soirée, dès que la chaleur retombe. « Nous fournissons de l’eau fraîche et des temps de repos réguliers. C’est une question de survie autant que de productivité », explique Mohamed Shokr, responsable d’une société de construction. Parallèlement, les plages de la mer Rouge et de la Méditerranée se couvrent de familles égyptiennes en quête d’un peu de fraîcheur, illustrant un exode temporaire vers les côtes pour échapper au four solaire intérieur.

Agriculture et inflation : un cercle vicieux

Mais le choc le plus durable pourrait bien venir des champs. Le blé, le riz, les fruits et légumes piliers de l’alimentation locale voient leurs rendements chuter sous l’effet du stress hydrique et thermique. Cette contraction de l’offre agricole se répercute mécaniquement sur les prix alimentaires, déjà volatils. Pour les ménages les plus modestes, l’addition est salée. Le gouvernement a d’ores et déjà renforcé les aides d’urgence et les dispositifs de soutien aux populations vulnérables, tout en appelant à une gestion plus sobre de l’eau.

Le gouvernement en ordre de bataille, mais des défis structurels

Face à l’urgence, les autorités égyptiennes adaptent les conditions de travail en extérieur et multiplient les campagnes de prévention. Mais Le Caire regarde aussi plus loin. L’accélération du déploiement des énergies renouvelables solaire en tête est présentée comme une réponse à long terme contre la dépendance aux énergies fossiles et pour atténuer les effets du changement climatique. Car le phénomène n’est plus ponctuel : les épisodes caniculaires se font plus fréquents et plus intenses, menaçant à terme la sécurité alimentaire et la stabilité économique du pays.

Aristide HAZOUME

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