Afrique du Sud : Jacob Zuma bientôt jugé pour corruption

 Afrique du Sud : Jacob Zuma bientôt jugé pour corruption

La justice sud-africaine a autorisé la tenue du procès pour corruption visant l’ancien président Jacob Zuma et le groupe français Thales. Une décision qui relance une affaire emblématique. Mais, cette est née d’un gigantesque contrat d’armement signé à la fin des années 1990.

La Haute Cour de Pietermaritzburg a validé l’ouverture du procès. L’ancien chef d’État Jacob Zuma est accusé d’une affaire de corruption. Et cela implique aussi l’entreprise française Thales. Ce verdict judiciaire met un terme à des années de manœuvres dilatoires. Le juge Nkosinathi Chili a estimé qu’un nouveau report nuirait à la crédibilité de la justice sud-africaine. « L’intérêt de la justice exige désormais l’ouverture du procès », a-t-il affirmé.

L’affaire puise son origine dans un contrat d’armement signé à la fin des années 1990. D’une valeur d’environ deux milliards de dollars, ce marché portait sur l’acquisition d’avions de chasse, de patrouilleurs maritimes et d’équipements militaires. Cinq consortiums européens étaient impliqués, dont le français Thales (anciennement Thomson‑CSF). Jacob Zuma occupait alors le poste de vice-président de l’Afrique du Sud.

Les procureurs accusent Zuma d’avoir reçu des pots‑de‑vin en échange de sa protection politique. Car il empêche des investigations judiciaires visant Thales. Le parquet sud‑africain poursuit les deux parties pour corruption, fraude et extorsion (« racketeering »). L’ancien président, âgé de 84 ans, était absent lors du prononcé. Lui-même et Thales rejettent l’ensemble des charges.

Une affaire judiciaire marquée par de multiples reports

Surnommée « Stop Stalingrad » en Afrique du Sud  en référence aux innombrables tentatives de blocage de la procédure , cette affaire a vu les avocats de Jacob Zuma multiplier les recours et les demandes de récusation de magistrats pendant plusieurs années.

Jacob Zuma a dirigé le pays de 2009 à 2018. A près son règne, il a démissionné par l’ANC au milieu d’une succession de scandales de corruption. En 2021, il avait été condamné à quinze mois de prison pour avoir refusé de témoigner devant une commission anticorruption. Son incarcération avait déclenché des violences meurtrières dans plusieurs régions, faisant plus de 350 morts. La Haute Cour n’a pas encore communiqué la date officielle du début du procès.

Aristide HAZOUME 

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