Afrique du Sud : Ramaphosa menacé de destitution parlementaire
La Cour constitutionnelle sud-africaine relance l’affaire visant Cyril Ramaphosa. Les juges annulent une décision parlementaire qui bloquait une procédure de destitution liée au scandale du ranch Phala Phala.
La justice annule le vote protégeant Ramaphosa
La Cour constitutionnelle sud-africaine a rendu une décision majeure vendredi. Elle annule le vote parlementaire qui protégeait Cyril Ramaphosa. Les juges estiment que le scrutin parlementaire de décembre 2022 violait la Constitution. Cette décision ouvre une nouvelle crise politique nationale. La présidente de la Cour, Mandisa Maya, a confirmé l’annulation du vote, jugeant la procédure parlementaire irrégulière et invalide.
L’affaire concerne le scandale du ranch Phala Phala, révélé en 2022. Une importante somme d’argent avait été dérobée dans la propriété présidentielle : près de 500 000 dollars étaient cachés dans des coussins d’un canapé. Selon Cyril Ramaphosa, cet argent provenait d’une vente de buffles. Le président a été accusé de ne pas avoir déclaré immédiatement le vol. Ses opposants évoquent également un possible abus de pouvoir.
L’EFF obtient une victoire judiciaire importante
La décision judiciaire fait suite à une plainte déposée par l’Economic Freedom Fighters (EFF). Ce parti d’extrême gauche contestait la régularité du vote parlementaire. En 2022, l’Assemblée nationale avait rejeté un rapport d’enquête accablant, alors même que la commission estimait possible une faute présidentielle. À cette époque, l’ANC détenait encore une majorité confortable au Parlement, ce qui avait permis au président d’éviter une destitution.
Le parquet sud-africain avait abandonné les poursuites pénales en 2024. L’affaire reste néanmoins politiquement sensible avant les prochaines échéances électorales. Cette décision judiciaire replace Cyril Ramaphosa sous forte pression politique. L’opposition réclame désormais une reprise complète de la procédure parlementaire.
Aristide HAZOUME
