Niger : Le retrait de la CPI officiellement acté par l’ONU

 Niger : Le retrait de la CPI officiellement acté par l’ONU

Le Niger a officiellement notifié son retrait de la Cour pénale internationale (CPI) aux Nations unies. Enregistrée le 22 juin 2026, cette démarche déclenche un délai de douze mois avant sa prise d’effet, conformément à l’article 127 du Statut de Rome. Niamey dénonce une institution qu’elle juge « instrumentalisée ».

Le Niger engage formellement la procédure de désengagement

Le Niger a officiellement enclenché la procédure de retrait de la Cour pénale internationale (CPI). La notification écrite a été transmise au Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dépositaire du Statut de Rome, et enregistrée le 22 juin 2026. En vertu des dispositions du Statut, ce retrait deviendra effectif un an après cette date, soit le 22 juin 2027. Jusqu’à cette échéance, Niamey conserve son statut d’État partie et reste tenu de coopérer pleinement avec la juridiction basée à La Haye.

Dans son courrier adressé à l’ONU, les autorités nigériennes reconnaissent que la CPI avait suscité « de grands espoirs » parmi les peuples attachés à la justice. Elles estiment cependant que l’institution a, depuis, été victime de « détournements » et d’« instrumentalisations » qui ont altéré sa mission première. Rappelons que le Niger avait ratifié le Statut de Rome en avril 2002 et figurait parmi les premiers États africains à adhérer à la Cour.

Un désengagement solitaire au sein de l’AES

Cette décision unilatérale survient plusieurs mois après l’annonce, en septembre 2025, d’un retrait coordonné des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). À ce jour, ni le Mali ni le Burkina Faso n’ont officiellement notifié leur départ aux Nations unies. Le Niger devient donc le premier État de l’alliance à concrétiser cette rupture juridique.La Cour pénale internationale a pris acte de cette notification. Dans une réaction sobre, elle a réaffirmé l’impératif d’une coopération internationale solide pour garantir la lutte contre l’impunité, tout en rappelant son attachement à la justice universelle.

Avec cette démarche, le Niger rejoint le cercle très restreint des États ayant mené à terme un retrait effectif de la CPI, après le Burundi (2017) et les Philippines (2019). L’évolution de cette situation sera suivie de près par la communauté internationale, alors que les critiques africaines contre la Cour se multiplient.

Aristide HAZOUME 

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