Financement : FMI suspend 183 millions de dollars à Madagascar
Le Fonds monétaire international a reporté le décaissement de 183 millions de dollars. En cause : le gel des prix du carburant, décidé en avril par Antananarivo. Le gouvernement défend une mesure sociale face à la flambée des cours mondiaux.
L’examen des troisième et quatrième revues des programmes FEC et FRD devait avoir lieu le 17 juillet. Le dossier a été retiré de l’ordre du jour. Le mécanisme d’ajustement automatique des prix, entré en vigueur fin 2024, est pourtant une condition préalable aux accords avec le FMI. Ce dispositif limite les fluctuations mensuelles à 200 ariary. En le suspendant, l’État doit désormais compenser la différence avec les pétroliers.
Une décision sociale face à la crise
Le ministre de l’Économie, Herinjatovo Ramiarison, assume ce choix. « Ce n’est pas le moment d’augmenter le prix du carburant », a-t-il déclaré. Une hausse immédiate provoquerait de l’inflation. Madagascar « ne supportera pas une nouvelle crise sociale », a-t-il ajouté. Le gouvernement a décrété l’état d’urgence énergétique le 17 juillet. Les prix resteront gelés jusqu’à la fin de l’année.
Des leviers alternatifs avancés
Pour convaincre le FMI, Antananarivo mise sur d’autres réformes. Les recettes fiscales ont presque doublé au premier semestre. La lutte contre la corruption est renforcée. Le ministre affirme que Madagascar remplit « pratiquement toutes les cases » des programmes. Une prochaine réunion est attendue fin août. Les 183 millions de dollars sont déjà inscrits au budget national.
Aristide HAZOUME
