Espagne : Zapatero devant la justice
L’ancien chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, a comparu mercredi 17 juin devant l’Audience nationale de Madrid. Mis en examen dans le cadre de l’affaire Plus Ultra, il est le premier ex-président du gouvernement à être entendu comme suspect dans une enquête pénale d’une telle ampleur.
Une audition inédite pour l’ancien dirigeant socialiste
José Luis Rodríguez Zapatero, à la tête du gouvernement de 2004 à 2011, a fait son entrée au tribunal sous un intense scrutin médiatique. Il est entendu dans le cadre d’une information judiciaire portant sur un présumé trafic d’influence, des faits de blanchiment de capitaux et d’autres infractions connexes. Cette comparution, sans précédent dans l’histoire démocratique espagnole, marque un tournant : jamais un ancien Premier ministre n’avait été convoqué comme mis en examen devant l’Audience nationale.
Le juge José Luis Calama tente de déterminer le rôle exact de l’ancien dirigeant dans le dossier du sauvetage de la compagnie aérienne Plus Ultra. L’instruction se concentre sur l’octroi, en pleine pandémie de Covid-19, d’une aide publique de 53 millions d’euros. Selon les éléments du dossier, les enquêteurs cherchent à établir l’existence d’un système d’influence présumé ayant favorisé certaines décisions publiques. Le magistrat soupçonne la mise en place d’une organisation pyramidale qui aurait permis à l’ex-responsable politique de tirer des avantages financiers de ses interventions auprès des institutions.
Des bijoux de luxe et une procédure séparée
L’affaire a pris une nouvelle dimension avec la découverte, dans un coffre-fort lié à l’ancien chef du gouvernement, de bijoux estimés à plus de 1,3 million d’euros. Le juge a ouvert une procédure distincte afin d’examiner leur provenance et leur éventuelle régularité fiscale. José Luis Rodríguez Zapatero rejette fermement l’ensemble des accusations. Sa défense assure que l’intégralité de ses activités publiques et privées a toujours respecté la législation espagnole. Cette audition estieurs scrutée de près par l’ensemble de la classe politique espagnole. Ses conclusions pourraient avoir des répercussions majeures sur le débat public et, potentiellement, entamer la crédibilité du Parti socialiste, actuellement au pouvoir avec Pedro Sánchez.
Aristide HAZOUME
