Sánchez relance le partenariat stratégique avec l’Algérie

 Sánchez relance le partenariat stratégique avec l’Algérie

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a effectué lundi une visite officielle à Alger, son premier déplacement en Algérie depuis quatre ans. Reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, il acte la fin d’une crise diplomatique ouverte en 2022 et pose les jalons d’un partenariat renouvelé, placé sous le signe de la coopération énergétique, du dialogue politique et des intérêts communs en Méditerranée.

Madrid et Alger ouvrent une nouvelle phase de coopération

Ce retour à Alger, très attendu des milieux économiques et diplomatiques, intervient après des mois de tensions qui avaient gelé une grande partie des échanges bilatéraux. Accompagné d’une délégation de premier plan composée de dirigeants d’entreprises espagnoles, Pedro Sánchez a tenu à réaffirmer d’emblée le poids stratégique de l’Algérie aux yeux de Madrid, en la qualifiant de « voisin et partenaire essentiel ». Les entretiens avec le président Tebboune ont balayé l’ensemble des dossiers structurants, des approvisionnements énergétiques aux perspectives de reconquête commerciale.

Le volet énergétique a naturellement occupé le devant de la scène. Avec la flambée des prix et l’instabilité des marchés, l’Algérie confirme son rôle de fournisseur incontournable pour l’Espagne, dont elle est actuellement le premier débiteur en gaz naturel. Au-delà des hydrocarbures, les deux capitales ont exprimé leur volonté commune de diversifier leur coopération, en relançant les échanges économiques qui avaient chuté lors de la crise, et en explorant de nouveaux champs d’investissement.

La crise du Sahara occidental laisse place au rapprochement

Cette embellie diplomatique n’a pourtant rien d’anodin, tant elle survient après la violente secousse de 2022. À l’époque, le revirement de Madrid sur le Sahara occidental avec un soutien explicite au plan d’autonomie proposé par le Maroc avait provoqué une réaction cinglante d’Alger, soutien historique du Front Polisario. Pendant plusieurs mois, les relations sont restées au point mort, avec des restrictions commerciales et un gel des contacts politiques de haut niveau.

Mais depuis l’an dernier, un patient travail de rapprochement a permis de déminer le terrain. Ce processus a culminé en mars 2026 avec l’annonce officielle par Alger de la réactivation du traité d’amitié et de bon voisinage liant les deux pays. C’est dans ce contexte apaisé que s’inscrit la visite de Pedro Sánchez. À l’issue des discussions, le président Tebboune s’est félicité de la teneur des échanges, les qualifiant de « franches et fructueuses », et a souligné que ce déplacement « ouvre une nouvelle étape » des relations bilatérales.

Les deux dirigeants affichent désormais une ambition commune : transformer ce réengagement en un partenariat durable, fondé sur le dialogue stratégique, la sécurité énergétique et une vision partagée des équilibres méditerranéens. Si le contentieux occidental reste en toile de fond, le pragmatisme économique et la stabilité régionale semblent avoir pris le dessus, redessinant les contours d’une relation hispano-algérienne renouvelée.

Aristide HAZOUME

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