Tchad : Succès Masra condamné à 20 ans de prison

 Tchad : Succès Masra condamné à 20 ans de prison

La Cour suprême du Tchad a rejeté le pourvoi de l’ancien Premier ministre Succès Masra, confirmant ainsi sa peine de vingt ans de prison. Ce jugement en dernier ressort clos son parcours judiciaire national dans l’affaire des violences de Mandakao.

La Cour suprême confirme la condamnation

La justice tchadienne a rendu son verdict final. Jeudi 21 mai, la Cour suprême de N’Djamena a rejeté le pourvoi en cassation de Succès Masra, qui contestait sa condamnation prononcée en appel. La haute juridiction a confirmé la peine de vingt ans de réclusion criminelle ferme. Président du parti Les Transformateurs, Succès Masra était poursuivi pour diffusion de messages jugés racistes et xénophobes, complicité de meurtre et association de malfaiteurs. Les accusations sont liées aux violences intercommunautaires de Mandakao, dans le sud du Tchad.

Selon les autorités judiciaires, un message diffusé en 2023 aurait favorisé les affrontements meurtriers survenus deux ans plus tard. L’opposant a toujours rejeté ces accusations. Autour de la Cour suprême, un important dispositif sécuritaire avait été déployé, et l’accès au site a été fortement restreint durant l’audience. Plusieurs médias ont également signalé des limitations d’accès.

Défense, réactions politiques et recours possibles

La défense de Succès Masra dénonce une décision contestable. Me Francis Kadjilembaye, coordinateur du collectif d’avocats, a indiqué « prendre acte du rejet » tout en annonçant de futures démarches « au moment opportun ». Du côté des Transformateurs, les réactions restent vives. Claudia Hoinathy, vice-présidente du parti, a dénoncé une décision « honteuse », affirmant que le dossier relève d’un procès politique. Les proches de l’ancien Premier ministre évoquent désormais une issue politique : une grâce présidentielle ou une amnistie figurent parmi les options avancées.

Sur le plan judiciaire, les marges de manœuvre nationales sont désormais épuisées. Les derniers recours possibles se situent devant des juridictions sous-régionales ou internationales.

Aristide HAZOUME 

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