Soudan du Sud : Kiir lance un dialogue sous tension

 Soudan du Sud : Kiir lance un dialogue sous tension

Le président Salva Kiir a ouvert jeudi 24 septembre un dialogue interpartis à Juba. Objectif : préparer les élections du 22 décembre. Huit groupes d’opposition en exil rejettent le processus.

Un dialogue verrouillé sur le calendrier électoral

La cérémonie s’est tenue au siège de l’Assemblée nationale à Juba. Des représentants de partis, des diplomates et des religieux y ont participé. Salva Kiir a insisté sur un point : ce forum n’est pas un lieu de négociations. « Ce n’est pas un lieu pour infléchir la voie que nous avons empruntée », a-t-il déclaré. Il a fixé quatre priorités : le cadre juridique, déjà achevé ; la logistique ; la sécurité ; et le dialogue politique. Le président a appelé les participants à élaborer une feuille de route claire. Le Dr Martin Elia Lomuro, rapporteur du dialogue, a plaidé pour un consensus avant le scrutin.

Une opposition divisée et des conditions non remplies

Le dialogue se tient deux jours après la dissolution du gouvernement de transition. Le 22 septembre, Kiir a démis tous les vice-présidents et dissous le Parlement. La veille, il a promulgué des amendements à la loi électorale. Le texte supprime l’obligation d’une Constitution permanente et d’un recensement. Huit groupes d’opposition en exil rejettent ce processus. Ils dénoncent une crise constitutionnelle. Kornelio Kon Ngu, de l’Alliance nationale, qualifie le dialogue de « tactique pour reporter les élections ». Sur le terrain, les conditions d’un scrutin crédible manquent. Aucun électeur n’est inscrit. L’ONU alerte sur la persistance des violences. Riek Machar, principal opposant, reste en détention pour trahison. Les élections, reportées deux fois, doivent se tenir le 22 décembre 2026.

Aristide HAZOUME

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