Addis-Abeba accuse des acteurs extérieurs d’attiser la guerre
Le président éthiopien Taye Atske Selassie a accusé mercredi des « acteurs extérieurs imprudents » d’attiser le conflit. Il s’exprimait à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU. Ses propos visaient implicitement l’Égypte et l’Érythrée. Cette déclaration intervient après la reprise des combats au Tigré. L’accord de paix de Pretoria (2022) est de facto caduc.
Une alliance inédite contre Abiy Ahmed
Dimanche 20 septembre, sept groupes armés ont annoncé la formation d’une coalition. Son nom : « Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie ». Elle rassemble le TPLF, les milices Fano d’Amhara et l’Armée de libération oromo. Quatre autres mouvements des régions Somali, Afar, Ogaden et Benishangul-Gumuz les rejoignent. Zemene Kassie, chef des Fano, préside cette alliance. Objectif affiché : renverser le Parti de la prospérité et instaurer une transition. Le TPLF et les Fano s’étaient pourtant combattus durant la guerre du Tigré.
Tensions régionales et ingérences étrangères
Addis-Abeba dénonce depuis des mois des ingérences extérieures. Les différends avec l’Égypte portent sur le barrage de la Grande Renaissance et le partage du Nil. Avec l’Érythrée, les tensions sont frontalières, sécuritaires et liées à l’accès à la mer Rouge. « Malgré l’ingérence persistante d’éléments hostiles, nous avons fait preuve d’une immense retenue », a déclaré Taye Atske Selassie. Le conflit de 2020-2022 avait fait environ 600 000 morts.
Aristide HAZOUME
