Référendum en Islande : Le « oui » et le « non » au coude-à-coude

 Référendum en Islande : Le « oui » et le « non » au coude-à-coude

Les Islandais votent ce samedi sur la reprise des négociations d’adhésion à l’UE, un scrutin dont l’issue reste incertaine.

À Reykjavik, la campagne électorale bat son plein à la veille du référendum. Les militants des deux camps tentent de convaincre les derniers indécis. Le scrutin du 29 août porte sur la reprise des négociations avec Bruxelles, suspendues depuis 2013 . Les quelque 270 000 électeurs doivent répondre par « oui » ou par « non » .

Une victoire du « oui » n’entraînerait pas une adhésion immédiate. Tout accord négocié serait soumis à un second référendum . Un sondage Maskina, réalisé du 21 au 25 août, donne 51,3 % au « oui » contre 48,7 % au « non » . Une enquête Gallup publiée jeudi inverse la tendance avec 51,6 % pour le « non » .

La pêche, enjeu central du débat

Le secteur halieutique cristallise les inquiétudes des opposants. En 2025, les produits de la mer représentaient près de 39 % des exportations islandaises . Le pays a bâli sa prospérité sur le contrôle de ses eaux. Les « guerres de la morue » des années 1970 l’ont opposé au Royaume-Uni pour étendre sa zone de pêche .

Haraldur Olafsson, président de l’association eurosceptique Heimssýn, craint une perte de souveraineté. Une adhésion soumettrait l’Islande à la politique commune de la pêche . « Les Français, les Espagnols, les Hollandais veulent venir pêcher chez nous », redoute-t-il . Le gouvernement assure vouloir négocier des dérogations sur ce dossier sensible .

Géopolitique et économie au cœur des préoccupations

L’inflation atteint 5,6 % en août, soit le double de la moyenne européenne . Les taux d’intérêt tournent autour de 8 % . Les partisans du « oui » estiment que l’adoption de l’euro stabiliserait l’économie . La guerre en Ukraine et les menaces de Donald Trump sur le Groenland ont relancé le débat sécuritaire . L’Islande, membre de l’Otan sans armée permanente, occupe une position stratégique dans l’Atlantique Nord .

Le camp du « oui » défend le slogan « voter pour voir ». Greta Maria, militante, explique : « Il faut obtenir l’accord, pouvoir l’analyser, puis décider » . Le ministre des Affaires étrangères estime que les négociations pourraient aboutir en 18 à 24 mois .

Aristide HAZOUME

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