Colombie : Le Sénat interdit enfin l’excision féminine
Le Sénat colombien a adopté une loi interdisant les mutilations génitales féminines. Cette décision historique fait de la Colombie le premier pays d’Amérique latine à se doter d’un cadre légal spécifique contre cette pratique. Le texte attend désormais la promulgation du président Gustavo Petro.
Une avancée majeure pour les droits des filles
La Colombie franchit une étape importante dans la protection des enfants. Le 10 juin 2026, le Sénat a approuvé une loi interdisant les mutilations génitales féminines (MGF). Ce vote intervient après près de deux années de débats parlementaires. Le texte vise à éradiquer une pratique observée dans certaines communautés autochtones. Il prévoit des mesures de prévention, d’accompagnement et de protection des victimes, ainsi que des mécanismes de sensibilisation auprès des populations concernées. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces mutilations constituent une grave violation des droits humains. L’ablation totale ou partielle du clitoris peut provoquer des complications sévères : hémorragies, infections, séquelles durables, voire la mort dans certains cas.
Avec cette décision, la Colombie devient un pays pionnier en Amérique latine. Aucun autre État de la région ne dispose à ce jour d’une législation spécifique similaire. Le texte doit désormais recevoir l’approbation finale du président Gustavo Petro, dont la promulgation est attendue dans les prochains jours.
Des centaines de victimes recensées dans certaines communautés
Les mutilations génitales féminines sont principalement signalées dans le département de Risaralda, qui abrite notamment les communautés Embera Chamí et Embera Katío. Les interventions sont généralement pratiquées sur des nouveau-nés, selon des méthodes présentant d’importants risques pour la santé. Les origines exactes de cette pratique en Colombie restent incertaines. Certaines recherches évoquent des influences culturelles héritées de la période coloniale. Aucune statistique officielle nationale n’est actuellement disponible, mais plusieurs organisations alertent sur l’ampleur du phénomène.
Selon l’ONG Equality Now, 204 cas d’excision ont été recensés entre 2020 et 2025. L’organisation estime néanmoins que le nombre réel pourrait être plus élevé, en raison du caractère clandestin de ces actes. Lors du vote au Sénat, plusieurs élus ont affiché leur soutien à la réforme, brandissant des pancartes portant le message « Petites filles sans ablation ». Cette nouvelle législation marque un tournant majeur pour la protection des filles en Colombie et renforce l’engagement du pays en faveur des droits humains et de l’égalité.
Aristide HAZOUME
