Sénégal : La visite de Macky Sall fait polémique
L’annonce d’une rencontre entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall provoque une vive polémique au Sénégal. Alors que l’ancien chef de l’État chercherait un soutien pour une éventuelle candidature à l’ONU, les associations de victimes des violences politiques réclament justice et dénoncent une entreprise prématurée.
Des associations dénoncent une rencontre prématurée
La visite de Macky Sall à Dakar, prévue le 17 juillet, suscite une vive controverse. L’ancien président souhaiterait obtenir le soutien du Sénégal pour une éventuelle candidature au poste de secrétaire général des Nations unies, une perspective qui indigne plusieurs organisations de la société civile.
Ces dernières estiment que les victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024 attendent toujours justice. Le collectif dirigé par Boubacar Seye exprime son indignation : son responsable juge inacceptable qu’une rencontre officielle ait lieu avant l’aboutissement des procédures judiciaires. De nombreuses familles restent endeuillées et plusieurs blessés conservent les séquelles physiques et psychologiques des affrontements.
Élu en 2024, le président Bassirou Diomaye Faye avait fait de la justice et de l’indemnisation des victimes une priorité nationale. Mais à ce jour, selon les associations concernées, plusieurs dossiers restent en attente et les indemnisations demeurent partielles, créant un sentiment d’impunité.
Les organisations de défense des droits humains montent au créneau
Le directeur d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, réaffirme sa position : le bilan de Macky Sall en matière de droits humains est, selon lui, incompatible avec une haute fonction internationale. L’organisation, qui accompagne plusieurs dizaines de familles dans leurs démarches judiciaires, exige que toute la lumière soit faite sur les violences politiques.
Le mouvement Frapp a également condamné cette visite. Dans un communiqué, il rappelle que Bassirou Diomaye Faye avait lui-même subi les conséquences de la crise politique sous l’ancien régime. Le mouvement estime qu’aucun soutien officiel ne devrait être envisagé tant que les victimes n’obtiennent ni vérité ni réparation.
À ce stade, la présidence sénégalaise n’a publié aucune déclaration officielle concernant cette rencontre, et le parti Pastef est resté discret. Cette visite intervient dans un climat politique toujours fragile, où les attentes des familles des victimes demeurent au cœur du débat public. Les organisations de défense des droits humains appellent les autorités à accélérer les procédures judiciaires et à respecter les engagements pris envers les victimes des violences politiques.
Aristide HAZOUME
