Allemagne : Merz fragilisé, la CDU pense à la relève
La popularité de Friedrich Merz s’effondre en Allemagne. Les tensions gouvernementales alimentent désormais les spéculations sur un éventuel changement de chancelier au sein de la CDU.
La crise politique s’intensifie autour du chancelier Friedrich Merz. Un an après son arrivée au pouvoir, il enregistre des niveaux d’impopularité inédits. Plusieurs sondages placent désormais l’AfD (Alternative für Deutschland) devant la CDU. Cette situation alimente les débats sur l’avenir du chef du gouvernement allemand. Selon des enquêtes récentes, seuls 14 % à 19 % des Allemands soutiennent encore son action. Dans le même temps, l’AfD atteint jusqu’à 29 % des intentions de vote, tandis que la CDU recule autour de 22 %.
Hendrik Wüst au centre des spéculations
Face à cette défiance, un nom revient régulièrement : celui de Hendrik Wüst, ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land le plus peuplé d’Allemagne. Le magazine Stern a évoqué son profil comme une alternative crédible. Plus jeune et plus populaire que Merz, Wüst incarne une ligne plus centriste. Son expérience régionale renforce également son image. Cependant, Hendrik Wüst a rejeté ces rumeurs. Il a réaffirmé son « soutien total » à Friedrich Merz. Plusieurs responsables conservateurs jugent également cette hypothèse prématurée.
Une coalition sous forte pression
Les difficultés du gouvernement dépassent la seule question du leadership. Les désaccords entre la CDU-CSU et le SPD paralysent plusieurs réformes majeures. Les discussions sur les retraites, la santé, la fiscalité et la dépendance restent bloquées. Cette paralysie affaiblit davantage l’exécutif. MLes élections régionales prévues à l’automne seront déterminantes. Une nouvelle progression de l’AfD pourrait accentuer la pression sur la coalition. Certains observateurs évoquent déjà des scénarios alternatifs : un gouvernement minoritaire ou des élections anticipées. Pour l’instant, Friedrich Merz conserve le soutien officiel de son camp. Mais la montée des critiques fragilise son autorité politique.
Aristide HAZOUME
