Ouganda : Kizza Besigye refuse les avocats à son procès
L’opposant ougandais Kizza Besigye a catégoriquement rejeté ce mercredi 15 juillet 2026 les avocats commis d’office par la Haute Cour de Kampala dans son procès pour trahison. Il dénonce une atteinte à son droit fondamental de choisir librement sa défense, dans un climat politique de plus en plus tendu à l’approche des prochaines échéances électorales.
Un refus clair devant la Haute Cour
Le chef de l’opposition ougandaise, Kizza Besigye, âgé de 70 ans, a refusé les avocats désignés par l’État lors de son audience du mercredi. Le tribunal lui avait proposé une liste d’avocats agréés après que ses principaux défenseurs se sont retrouvés dans l’incapacité d’assurer sa représentation.
Son avocat attitré, Erias Lukwago, a été arrêté le mois dernier, tandis que l’avocate kényane Martha Karua s’est vu refuser l’entrée sur le territoire ougandais. Une situation que Besigye a vivement dénoncée : « Nous avions pleinement confiance en notre équipe juridique. Mon droit à une défense libre et choisie est aujourd’hui compromis. » Le juge Emmanuel Baguma lui a accordé un délai supplémentaire de deux semaines, renvoyant l’affaire au 29 juillet.
Une procédure entachée de multiples irrégularités
Détenu depuis fin 2024, Kizza Besigye affirme avoir été enlevé au Kenya avant d’être transféré de force en Ouganda. Les autorités kényanes avaient d’ailleurs ouvert une enquête sur les circonstances de cette opération controversée. Initialement poursuivi devant une cour martiale, son dossier a finalement été renvoyé devant une juridiction civile, après que la Cour suprême ougandaise a jugé inconstitutionnel le jugement de civils par des tribunaux militaires.
L’opposant dénonce également des conditions de détention dégradantes : il affirme être privé de liberté sous caution et ne pas bénéficier de soins médicaux adaptés. Ses proches alertent sur une détérioration inquiétante de son état de santé depuis son incarcération.
Un procès symbole des tensions politiques en Ouganda
Ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni, Kizza Besigye est devenu au fil des années son principal rival politique. Il s’est présenté à plusieurs élections présidentielles depuis les années 2000, sans jamais parvenir à accéder au pouvoir. Ce procès pour trahison intervient dans un contexte politique ougandais marqué par une répression croissante des voix dissidentes. Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement des pressions contre l’opposition, les avocats et les médias indépendants.
L’affaire Kizza Besigye reste aujourd’hui l’un des dossiers judiciaires les plus suivis du pays, alors que l’Ouganda s’achemine vers de prochaines échéances politiques cruciales. La communauté internationale observe avec attention l’évolution de ce procès, qui pourrait constituer un test décisif pour l’État de droit dans le pays.
Aristide HAZOUME
