Guinée Équatoriale : L’hôtel-prison des expulsés américains

 Guinée Équatoriale : L’hôtel-prison des expulsés américains

Depuis fin 2025, l’hôtel Bamy en Guinée équatoriale sert de centre de détention pour des migrants expulsés des États-Unis. Trente-deux personnes, originaires de plusieurs pays africains, y vivent sous pression psychologique. Dans ce cas, des accords migratoires secrets avec Washington suscitent l’inquiétude des défenseurs des droits humains.

Un centre de détention discret à l’hôtel Bamy

Transformé en lieu de rétention administrative, l’hôtel Bamy accueille des demandeurs d’asile expulsés des États-Unis. Mais, les migrants originaires d’Angola, d’Érythrée, d’Éthiopie et de Mauritanie ont été transférés après des procédures d’expulsion menées par les autorités américaines. Si les autorités équato-guinéennes affirment n’avoir constaté aucune violence physique, les détenus témoignent d’une forte pression psychologique quotidienne. Ils redoutent un retour forcé vers leurs pays d’origine, où certains pourraient être exposés à des persécutions. Des experts alertent d’ailleurs sur ces risques.

Sur les trente-deux personnes initialement présentes, vingt-cinq ont déjà été renvoyées vers leurs pays. Les conditions de séjour dans le centre restent limitées et très encadrées, sous la surveillance administrative stricte des autorités locales. Les familles des migrants, souvent sans nouvelles claires, expriment une grande inquiétude. Les organisations de défense des droits humains suivent la situation de près. Elles dénoncent la complexité et la lenteur des procédures d’asile, et réclament plus de transparence sur les accords passés entre Malabo et Washington.

Accords migratoires et enjeux diplomatiques

La Guinée équatoriale a signé avec l’administration américaine un accord migratoire dont le montant est évalué à 7,5 millions de dollars. Ce pacte viserait à faciliter la gestion des expulsions de migrants vers l’Afrique. D’autres pays du continent comme la RDC, le Cameroun, l’Ouganda et le Ghana participent à des dispositifs similaires, souvent négociés en échange d’avantages commerciaux ou d’aides internationales. Les autorités équato-guinéennes n’ont pas détaillé publiquement les conditions exactes de l’accord. Le pays est dirigé depuis 47 ans par le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, dont le régime est régulièrement qualifié d’autoritaire par les observateurs internationaux.

Cette affaire met en lumière un enjeu migratoire sensible dans les relations bilatérales. Les expulsions d’États-Unis vers des pays tiers y compris des nations non démocratiques suscitent un débat international croissant. Les ONG appellent au respect strict des droits fondamentaux des migrants, quel que soit leur statut. Le suivi des personnes expulsées reste une préoccupation mondiale, alors que les conditions d’accueil en Guinée équatoriale continuent d’être surveillées par les organisations humanitaires.

Aristide HAZOUME 

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