RDC : Une femme atteinte d’Ebola à Goma
Un cas confirmé d’Ebola à Goma inquiète les autorités sanitaires congolaises, tandis que l’OMS renforce son niveau d’alerte face à la progression du virus. La ville de Goma, située dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), est désormais sous étroite surveillance.
Les autorités sanitaires congolaises ont confirmé un cas d’Ebola à Goma. Selon l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), la patiente, originaire de Bunia, aurait été contaminée par son mari, récemment décédé de la maladie. Le professeur Jean-Jacques Muyembe, figure de la lutte contre Ebola, a confirmé l’information et évoqué une propagation depuis Mongbwalu vers Bunia, puis Goma. L’épidémie a débuté le 24 avril dans la province de l’Ituri. Le premier patient identifié était un infirmier, décédé le 27 avril. Face à cette résurgence, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a relevé son niveau d’alerte internationale, évoquant un risque élevé de propagation régionale.
Une épidémie compliquée par l’insécurité persistante
La province de l’Ituri connaît d’importants mouvements de population, et plusieurs groupes armés y restent actifs. Selon le professeur Jean-Jacques Muyembe, cette insécurité complique fortement la riposte sanitaire, les déplacements favorisant une transmission rapide du virus. Goma elle-même reste sous tension sécuritaire depuis les offensives du M23. Les autorités sanitaires renforcent désormais les contrôles médicaux dans la région. Le variant identifié appartient à la souche Bundibugyo du virus Ebola. Aucun vaccin homologué n’existe actuellement contre cette variante : les vaccins disponibles ciblent principalement la souche Zaïre, responsable des précédentes grandes épidémies africaines.
Des dizaines de morts déjà recensées
Au 16 mai, huit cas confirmés avaient été enregistrés en laboratoire. Les autorités recensent également 246 cas suspects dans l’Ituri. L’OMS fait état de 80 décès suspects liés au virus. Un autre cas confirmé a été détecté à Kinshasa, et un décès suspect a été signalé en Ouganda voisin : la victime revenait récemment de la province congolaise de l’Ituri. L’agence sanitaire de l’Union africaine évoque quant à elle 88 morts probables. Les équipes médicales poursuivent les opérations de surveillance. Depuis cinquante ans, Ebola a causé plus de 15 000 morts en Afrique. Ce virus, responsable de fièvres hémorragiques extrêmement contagieuses, reste une menace majeure de santé publique.
Aristide HAZOUME
