Mondial 2026 : La RDC célèbre ses Léopards avec un 1er avril férié
C’est une journée qui restera gravée dans la mémoire collective congolaise. Au lendemain du sacre sportif le plus important de la décennie, le gouvernement a fait le choix de suspendre les activités pour offrir aux citoyens un temps de célébration nationale.
Dès l’annonce de la qualification des Léopards pour la Coupe du monde 2026 une première depuis 1974 l’exécutif a réagi avec une célérité inhabituelle. Par un arrêté publié dans la soirée, le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, a déclaré le 1er avril chômé et payé sur l’ensemble du territoire. Une décision saluée par les syndicats et les associations de supporters, qui y voient une reconnaissance officielle de l’importance du football dans le tissu social congolais.
Dans les capitales provinciales, l’effervescence a débuté bien avant la publication du communiqué officiel. À Kinshasa, des milliers de supporters ont convergé vers le boulevard du 30 Juin, transformé en une mer humaine aux couleurs nationales. À Lubumbashi, des cortèges improvisés ont parcouru les artères jusqu’aux premières heures du jour. À Goma, l’ambiance était à la maison communion entre générations, les anciens évoquant avec émotion le souvenir de 1974.
Au-delà de l’ivresse populaire, cette qualification soulève déjà des questions de fond. Pour de nombreux observateurs, elle agit comme un révélateur : le pays dispose d’un vivier de talents exceptionnels, mais les infrastructures peinent à suivre. Les appels à un plan d’investissement ambitieux dans le sport se multiplient, émanant autant de la société civile que de cadres du milieu sportif.
En instaurant ce jour férié, l’exécutif envoie également un signal politique fort. À moins d’un an des échéances électorales, ce geste est perçu par certains analystes comme une volonté de capitaliser sur un moment d’unité nationale rare. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a d’ailleurs insisté sur la dimension rassembleuse de l’événement, appelant les Congolais à « faire de cette fête un symbole de cohésion ». Reste désormais à savoir si cet élan se traduira par une politique durable en faveur du sport de haut niveau. Les prochains mois diront si la ferveur populaire suffit à provoquer les réformes structurelles attendues depuis des décennies.

Aristide HAZOUME
