Attaque de Kafolo : La justice ivoirienne requiert la perpétuité contre cinq accusés
Cinq ans après l’attaque jihadiste de Kafolo, qui avait coûté la vie à quatorze militaires ivoiriens en juin 2020, le procès a franchi une étape décisive. Le parquet a requis de lourdes peines, dont la réclusion criminelle à perpétuité contre les cinq principaux suspects, présentés comme les auteurs directs de l’assaut.
La justice ivoirienne poursuit son travail de vérité dans l’affaire de l’attaque de Kafolo, localité du nord de la Côte d’Ivoire. Le 30 mars 2026, lors d’une audience solennelle, le ministère public a présenté ses réquisitions à l’encontre des 45 personnes poursuivies dans ce dossier pour actes de terrorisme.
Dans la nuit du 10 au 11 juin 2020, un poste de contrôle des forces de défense ivoiriennes avait été violemment pris pour cible par un groupe armé. L’attaque, attribuée à la Katiba Macina une branche du groupe jihadiste lié à Al-Qaïda avait entraîné la mort de quatorze soldats et marqué un tournant dans la menace sécuritaire dans le nord du pays.
Cinq accusés visés par la perpétuité
Au cours de ses réquisitions, le procureur a opéré une distinction entre les accusés selon leur degré d’implication. Cinq d’entre eux sont présentés comme les auteurs directs de l’attaque. Considérés comme membres du commando ayant mené l’assaut, ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Par ailleurs, vingt-six autres prévenus sont accusés d’avoir apporté un soutien aux assaillants. Il leur est reproché d’avoir fourni des renseignements, un hébergement ou une assistance logistique. Pour ces faits, le parquet a requis des peines allant jusqu’à vingt ans d’emprisonnement. En revanche, quatorze accusés pourraient bénéficier d’un acquittement. Selon le ministère public, leur implication serait indirecte ou accidentelle, sans preuve suffisante d’une participation active à l’entreprise terroriste.
La défense contre-attaque
Face à ces réquisitions, la défense entend faire valoir ses arguments. Les avocats des prévenus contestent certaines conclusions du parquet et annoncent leur intention de démonter les éléments à charge. Pour plusieurs d’entre eux, la question d’éventuelles réparations pour détention provisoire prolongée est déjà envisagée. Le tribunal doit désormais examiner les arguments des deux parties avant de rendre son verdict. Au-delà des peines encourues, ce procès constitue un moment clé pour la justice ivoirienne, engagée dans la lutte contre le terrorisme tout en veillant au respect des droits fondamentaux.
Aristide HAZOUME
