Chine : une nouvelle loi adoptée pour renforcer « l’unité ethnique »
La Chine a adopté jeudi 12 mars 2026 une nouvelle loi visant à promouvoir ce que les autorités appellent « l’unité ethnique » dans le pays. Le texte, approuvé par le Parlement chinois, s’inscrit dans la politique du président Xi Jinping, qui cherche à renforcer l’idée d’une identité nationale commune.
Le pays reconnaît officiellement 56 groupes ethniques, mais plus de 90 % de la population appartient à l’ethnie majoritaire han. Depuis plusieurs années, le pouvoir chinois insiste sur la nécessité de développer une « conscience d’une nation chinoise commune » afin de renforcer la cohésion nationale. La nouvelle loi formalise cette orientation en imposant notamment l’apprentissage du mandarin dès le plus jeune âge. L’enseignement de cette langue sera obligatoire dès avant la maternelle et tout au long de la scolarité obligatoire, y compris dans les régions habitées par des minorités comme les Ouïghours, les Tibétains ou encore les Mongols.

Jusqu’à récemment, certaines écoles dans ces régions pouvaient encore dispenser une grande partie de l’enseignement dans les langues locales. Avec l’entrée en vigueur de cette loi, cette pratique devrait progressivement disparaître au profit du mandarin. Le texte prévoit également d’encourager le mélange des populations dans les quartiers et demande aux familles, aux écoles et aux institutions publiques de transmettre aux enfants l’attachement à la nation chinoise ainsi qu’au Parti communiste chinois.
Pour Pékin, ces mesures doivent favoriser l’intégration et soutenir le développement économique des régions où vivent des minorités. Mais pour de nombreux chercheurs et organisations de défense des droits humains, cette loi marque surtout une nouvelle étape dans une politique d’assimilation susceptible d’entraîner l’effacement progressif des langues, des cultures et des identités des minorités ethniques en Chine.
Aristide HAZOUME
